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Constant comme Cabrel

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En 2015, Cabrel proposait In Extremis, un album particulièrement sombre et engagé où la légende vivante, comptant les années qui lui restent (d’où le titre), tirait à boulets rouges sur plusieurs institutions et thématiques pour ce qui aurait pu être un dernier legs avant de rengainer sa guitare une bonne fois pour toutes. 

Francis Cabrel 

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★★★★1⁄2

À l’aube revenant

Alors que les temps sont encore plus opaques qu’il y a cinq ans déjà, le monsieur revient non seulement à la charge, mais aussi — sûrement bien malgré lui — avec une nouvelle mission : s’improviser baume pour les mélomanes.

PLUME DOUCE, PLUME FIÈRE

Oui, le « retour aux sources » est un concept galvanisé, mais se prête tout de même bien à À l’aube revenant où Cabrel se rapproche à nouveau des affaires du cœur (Te ressembler, un hommage à son paternel, est à écouter avec des mouchoirs, d’ailleurs) et de ses racines bien ancrées dans le sud de la France.

Ainsi, les propos les plus engagés retrouvés sur À l’aube revenant sont sûrement ceux de rockstars du Moyen Âge où il célèbre la langue occitane et les troubadours d’antan. Génuflexion faisant aussi écho à la pièce-titre de son album précédent où l’auteur-compositeur-interprète dénonçait une certaine uniformité de la culture française au détriment des régions et ses particularités. 

Musicalement, Cabrel demeure égal à lui-même (très, très bon).

Un « retour » aussi inespéré qu’estimé, donc. 

Helena Deland 

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★★★★

Someone New

Sûrement une des parutions les plus espérées cette année, l’artiste pop champ gauche locale Helena Deland dévoile finalement Someone New, son premier LP, et — mieux encore — l’œuvre dépasse les attentes considérables entourant le projet de l’auteure-compositrice-interprète consacrée en 2018 et qui a déjà foulé la même scène qu’Iggy Pop depuis. Au programme : de la pop sombre alternant entre les moments de grâce éthérés et des pointes plus percutantes. Avoir le spleen aura rarement été aussi intéressant. À ne pas manquer ! 

Émilie Daraîche 

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★★★1⁄2

Émilie Daraîche

Émilie Daraîche prouve qu’elle est plus que « la fille de » sur cet album homonyme surprenant. On va s’le dire, porter le nom de Daraîche vient avec sa part d’avantages, bien sûr, mais aussi de préjugés auprès de certains mélomanes et la principale intéressée se détache — consciemment ou pas — de ce que son clan a amené au country québécois à ce jour avec une direction plus pop, tout en évitant de dénaturer son genre de prédilection (sa reprise de Tous les garçons et les filles en témoigne tout particulièrement à cet effet). Une introduction réussie, bref. 

83 

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★★★★

Récidivistes

Comme si 2020 n’était pas déjà assez étrange en soi, voici que le cultissime collectif rap de Québec refait surface, remettant l’adage « quand les temps sont durs, les durs s’activent » au goût du jour par la même occasion. Tel que vociféré sur le brûlot L’assaut, « no bullshit » sur ce LP old school qui ne fait pas dans la nostalgie, ni dans la dentelle. Un pied de nez, voulu ou pas, quand même intéressant à la bifurcation plus champ gauche et de plus en plus populaire au sein de leur genre musical depuis quelques années. À (re)découvrir !

Coup de coeur 

WOODKID

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★★★★★

S16

En 2013, Yoann « Woodkid » Lemoine captivait avec The Golden Age, une œuvre sombre et ambitieuse mariant pop et classique de façon spectaculaire (et que dire de l’emballage visuel, démontrant pourquoi des artistes allant de Taylor Swift à Harry Styles le recrute comme réalisateur de leurs clips). Des années plus tard, le touche-à-tout se fait plus électro et semble proposer sa propre version de la trame sonore de Blade Runner (c’est un compliment, en passant). Tout un trip, quoi !