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«La dernière promenade» de Florence Meney: faire le deuil d’un animal de compagnie

Florence meney
Photo courtoisie, Michel Paquet Florence Meney

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Passionnée des bêtes, Florence Meney explore les mécanismes du deuil animalier et offre une réflexion sur la place des animaux dans notre société dans son nouveau livre, La dernière promenade. Tous ceux et celles – nombreux – qui ont vécu le deuil de leur animal de compagnie savent à quel point cela peut être un passage difficile, source de tristesse et d’incompréhension. Florence fournit des explications et des pistes pour que ce dur passage se fasse un peu mieux.

Bien consciente que ce deuil parfois incompris peut être vécu de façon très solitaire, Florence Meney le décrit sous un angle différent dans son livre. Empathique, étant passée par là en perdant ses deux chiens à quelques mois d’intervalle, elle propose d’accompagner les endeuillés dans leur retour vers une certaine sérénité. 

<strong><em>La dernière promenade</em><br>Florence Meney</strong><br>Les Éditions de l’Homme<br>176 pages.
Photo courtoisie
La dernière promenade
Florence Meney

Les Éditions de l’Homme
176 pages.

«Beaucoup de gens culpabilisent. Sur les réseaux sociaux, il n’y a pas une journée où tu ne vois pas deux ou trois personnes qui parlent du deuil de leur chien, de leur chat, et qui se sentent coupables parce que c’est quasiment plus intense que pour un humain», commente Florence Meney, en entrevue.

«C’est ça que je voulais explorer : la relation qu’on a aux animaux, la perte qu’on peut avoir par rapport à un chien aimé, un chat aimé. Pourquoi on se sent coupable et qu’est-ce qu’on peut faire par rapport à ça? C’est normal d’avoir mal?»

Des experts se prononcent

Comme elle n’est pas une experte, dit-elle, elle s’est adjoint différents experts qu’elle a interviewés : Dre Annie Ross, vétérinaire et experte en deuil animalier, Élise Desaulniers, directrice de la SPCA de Montréal, Jessica Nichol, responsable des soins palliatifs à la SPCA, Dre Stéphanie Grenier-Laroche, vétérinaire en chef du Zoo de Saint-Félicien, et Élaine Kennedy, psychologue. Leurs conseils sont précieux et éclairés. 

«J’ai abordé le deuil comme tel, mais aussi le deuil vécu par les enfants, par des gens âgés. Je suis allée parler avec la vétérinaire en chef du Zoo de Saint-Félicien pour qu’elle me parle du deuil des gens qui soignent les grands animaux sauvages pendant des années, des décennies.»

Exprimer son deuil

L’auteure a appris beaucoup de choses en écrivant ce livre. «Ce que je retiens, c’est qu’il ne faut pas s’imposer un modèle de deuil. C’est un peu vrai pour les humains, mais c’est pire pour les animaux parce que beaucoup de gens ne se permettent pas de ressentir le deuil, de l’exprimer. Ils se censurent.»

Et il semble que ce soit la pire chose à faire. «Au contraire, il faut accepter que ce deuil soit très important, très intense et très long. Une fois que tu as cessé de te sentir coupable d’être triste, tu peux commencer à amorcer un travail vers la sérénité. C’est important de parler du deuil, de partager ton deuil.»

La réalité est souvent tout autre. «Évidemment, dans le cas des animaux, c’est pas tout le monde qui va comprendre que tu as envie de parler de ton chien pendant de longues minutes, des heures. Il faut trouver des gens qui ont une oreille empathique, qui comprennent cet attachement aux animaux.»

Comment s’y prendre pour se sentir mieux? «Il faut évoquer le disparu, comme pour un humain. Évoquer les bons souvenirs. Il faut aussi arriver à voir qu’on a fait tout ce qu’on pouvait faire. Il faut voir tout ce qu’on a fait de bien pour l’animal, tout ce qu’on lui a apporté de bon dans sa vie. Ça aide beaucoup à progresser, à faire la paix avec le départ et amorcer la marche vers la sérénité.»  

  • Florence Meney est passionnée des bêtes, qui ponctuent tous les aspects de sa vie. 
  • Elle est auteure de romans noirs, dont Sur ta tombe et L’encre mauve, et d’un recueil de nouvelles noires, La mort est ma maison. 
  • Elle a aussi écrit Ma tête, mon amie, mon ennemie, qui trace le portrait de personnes aux prises avec des enjeux de santé mentale et de professionnels œuvrant dans le domaine.   

EXTRAIT  

«Un beau matin (ou plutôt un moche matin, en l’occurrence), on trouve Nemo, le guppy reçu le Noël précédent, les nageoires en l’air, ou encore Titou, le hamster, les pattes raides dans la roue qui ne tournera plus sous sa course frénétique. Aidés des parents, le visage baigné de larmes, on creuse une petite tombe dans le jardin, on fabrique une croix, on rédige un petit discours... ou on tire simplement la chasse. Ci-gît Nemo. Adieu Titou.»