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Justin Trudeau, le charitable

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Photo d'archives, Guillaume St-Pierre Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lors d'un point de presse sur la lutte contre le coronavirus.

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, imaginez-vous que Justin Trudeau a versé en prestations aux ménages canadiens deux fois plus d’argent que les pertes de revenu subies à cause de la COVID-19 !

Au deuxième trimestre, selon Recherche Économique RBC, l’aide fédérale versée aux ménages canadiens en Prestation canadienne d’urgence (PCU) et autres prestations s’est élevée à 56 milliards $ alors que les pertes de salaires attribuables à la pandémie s’élevaient à 23 milliards $. Ce qui représente un excédent de 33 milliards $.

C’est donc dire que les versements de Trudeau en PCU et prestations liées à la COVID ont dépassé de 143 % les pertes de salaire des ménages lors des trois premiers mois de guerre contre la fichue pandémie.

Justin Trudeau a-t-il enrichi des ménages avec la PCU ?

ABERRATION

Comble de ridicule de l’impact économique de ce cadeau fédéral ? « Au final, selon l’étude de RBC, le revenu disponible des ménages canadiens a bondi de 11 % », augmentant par le fait même le pouvoir d’achat des acheteurs de maisons.

Que le gouvernement Trudeau ait mis en place en mars dernier un plan d’intervention économique pour répondre à la COVID-19, c’était totalement justifiable.

Mais ce qui n’a carrément pas de bon sens, c’est de verser à l’ensemble des victimes de la COVID énormément plus d’argent que les pertes subies.

C’est du gaspillage éhonté de fonds publics. Trente-trois milliards $ versés en trop lors des trois premiers mois de la pandémie ? Convenons qu’il s’agit d’une méchante facture à faire éponger par l’ensemble des contribuables.

Que le gouvernement fédéral soutienne financièrement les vraies victimes de la crise économique générée par la pandémie... on ne peut que l’en féliciter.

Mais qu’il donne à nombre de bénéficiaires du Plan d’intervention COVID plus d’argent que les pertes subies, c’est complètement aberrant et totalement injustifiable.

Quand un plan gouvernemental de survie financière permet d’augmenter le pouvoir d’achat, on s’entend-tu pour dire que ça cloche royalement !

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio: 

CONSÉQUENCES BUDGÉTAIRES

La générosité démesurée de Justin Trudeau a évidemment eu un impact désastreux sur le premier trimestre de l’actuel exercice financier du gouvernement fédéral.

Ainsi, pour la période d’avril à juin de l’exercice 2020-21, le fédéral a affiché un déficit budgétaire de 120 milliards de dollars.

À elles seules, les charges de programmes du gouvernement fédéral ont explosé de 90,3 milliards en raison surtout des transferts d’argent versés aux particuliers et aux entreprises en vertu du Plan d’intervention économique.

PIRE ENCORE...

Il faut malheureusement s’attendre à ce que l’écart entre les prestations versées dans le cadre du Plan d’intervention de Trudeau et les pertes de salaire réellement subies ait augmenté substantiellement au fil des mois de juillet, août et septembre.

D’avril à septembre, rappelons que le gouvernement Trudeau prévoyait verser aux victimes de la COVID-19 quelque 80,5 milliards en PCU aux travailleurs et 5,2 milliards $ en PCUE aux étudiants.

À cela s’ajoutaient des subventions salariales d’urgence de l’ordre de 86 milliards $.

Et les travailleurs essentiels qui nous soutenaient en ces temps de guerre contre la COVID-19 ont eu droit, pour leur part, à un « complément salarial » de 3 milliards $.

Nul doute qu’ils le méritaient, eux !

AU COURS DE CETTE PÉRIODE D’AVRIL À JUIN, LE FÉDÉRAL A NOTAMMENT VERSÉ

41,6 milliards $ en PCU 

22,8 milliards $ en subvention salariale d’urgence 

5 milliards $ en supplément de diverses prestations (aînés, enfants, etc.) 

13 milliards $ en soutien d’urgence aux entreprises et prestation canadienne d’urgence pour étudiants (PCUE) 

3 milliards $ aux travailleurs essentiels