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«La Voix» : une finale toute féminine

«La Voix» : une finale toute féminine
Joël Lemay / Agence QMI

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C’est une première dans l’histoire québécoise de «La Voix»: les quatre finalistes qui rivalisent pour le grand titre sont des artistes féminines. Et tous s’accordent pour affirmer qu’aucune ne manque de talent, d’audace et de cran. Laquelle repartira avec la couronne, le contrat d’album et la bourse de 50 000 $? 

Voici un portrait des quatre aspirantes qui chanteront pour la victoire ce dimanche, dès 19 h, à TVA. Pour l’occasion, Paul Piché, Half Moon Run, 2Frères, le collectif SOMM (Ariane Moffatt, DRMS et Mike Clay), Tyler Shaw, des anciens de «La Voix» comme Geneviève Jodoin, Ludovick Bourgeois, Dominique Fils-Aimé, Matt Holubowski, Matt Lang et Sydney (de «La Voix Junior»), de même que le directeur musical David Laflèche, qui exposera ses talents de chanteur pour une rare fois, seront de la partie pour offrir des numéros éclatés. Et le public aura le dernier mot quant au choix de la plus belle voix...

Suzie Villeneuve   

Finaliste de l’équipe Garou

«La Voix» : une finale toute féminine
Joël Lemay / Agence QMI

C’est encore meilleur la deuxième fois pour Suzie Villeneuve. La gamine incertaine de 19 ans qui participait hier (2003) à «Star Académie», devenue artiste en pleine possession de ses moyens, confirme, à 37 ans, l’adage voulant que rien n’arrive pour rien.

«La manière dont je profite de toute l’expérience est complètement à un autre niveau, explique Suzie avec aplomb. J’ai cette chance d’avoir vécu deux expériences de gros plateaux télé, entourés d’effets, de musiciens... Il n’y en a pas beaucoup, au Québec. Je vois cette opportunité d’un autre œil, aujourd’hui. Je savoure pleinement et j’apprécie tout ce qui se passe.»

La représentante du clan Garou promet «un gros "show"» aux téléspectateurs en vue de la finale de dimanche.

«On va encore avoir énormément de plaisir. On me dit souvent que l’expérience de "La Voix" est exceptionnelle, et c’est vrai que ce l’est. Ça va vite, vite, vite! On travaille beaucoup, toute la semaine, pour créer le spectacle du dimanche. Je me sens privilégiée d’avoir eu le courage de dire oui, d’accepter de passer les auditions et de vivre l’expérience à mon âge, avec mon bagage et mon désir de chanter à nouveau», dépeint celle qui écrit déjà des chansons en vue d’un éventuel album, et qui prépare une conférence-spectacle virtuelle intitulée «De la tête au cœur» pour le début 2021.

Mot de son coach

Ami (et même jadis adversaire au poker) de Suzie, Garou se dit encore et toujours fasciné par le talent de celle-ci, et surpris qu’elle se soit jointe à son équipe. Il se souvient avoir enregistré avec elle et sa sœur jumelle Annie la pièce «Le sucre et le sel», gravée sur son deuxième album («Reviens», 2003).

«Plusieurs me disent que c’est injuste, que Suzie a déjà tellement de métier, mais ce n’est pas vrai, martèle-t-il. Suzie n’avait pas apprivoisé vraiment le "monstre" du show-business; elle l’avait même fui. Pas par peur, mais par authenticité, et pour plein de raisons. Aujourd’hui, elle ne vole la place de personne. C’est l’une des plus grandes voix que j’ai entendue dans ma vie, et je pèse mes mots. Elle est complètement hallucinante. Elle a, à la fois, un contrôle et une grande fragilité dans la voix. Maintenant, je la sens sereine et bien dans ce qu’elle vit. Ç’a été des retrouvailles artistiques formidables.»

Josiane Comeau   

Finaliste de l’équipe Cœur de pirate

«La Voix» : une finale toute féminine
Joël Lemay / Agence QMI

Josiane Comeau, qui célébrait récemment ses 19 ans, peine encore à réaliser qu’elle pourrait rafler les grands honneurs dimanche. Pour l’instant, elle est tout à son excitation d’être encore du concours.

«C’est une finale de filles. So, "girl power"!», lance de son charmant accent du Nouveau-Bruswick la participante, qui vit complètement le parcours inverse de l’an dernier.

Car, en 2019, l’adolescente avait vu son père, Jacques, traverser l’aventure «La Voix» jusqu’à la demi-finale, sous le parrainage d’Éric Lapointe, alors qu’elle-même avait été retranchée dès l’étape des Auditions à l’aveugle. Cette année, lorsqu’elle a retenté sa chance, seule la chaise de Béatrice Martin s’est retournée au son de sa voix, en début de saison.

«Honnêtement, je n’aurais jamais cru me rendre aussi loin. À chaque étape, je voyais le monde partir, et ça me faisait quelque chose. Mais ce sont tellement des émotions folles, de véritables montagnes russes! Vivre de telles expériences à mon âge me permet de grandir et de savoir qui je suis. Je travaille sur ma personne et j’adore ça. C’est incroyable!», s’emballe Josiane.

La voilà donc en finale, forte du costaud pointage de 87 % que le public lui a octroyé après sa prestation la semaine dernière, lorsqu’elle a interprété «La ballade de Jean Batailleur», de Zachary Richard. Non, ce n’est pas parce que cette pièce avait anciennement porté bonheur à son compatriote acadien Wilfred LeBouthillier à «Star Académie», en 2003, qu’elle a jeté son dévolu sur ce morceau; c’est plutôt sa coach qui lui a suggéré de miser sur ce titre. Josiane était même réticente à s’y frotter, mais Cœur de pirate l’a mise en confiance.

«Cœur de pirate est une artiste qui est tellement vraie, qui a tellement beaucoup à donner. Nos mondes se sont mélangés, et grâce à elle, je me suis recentrée. Avant, j’étais toujours "trop" ou "pas assez"; maintenant, je trouve le juste milieu, que ça soit dans l’interprétation ou la démonstration vocale.»

Mot de sa coach

Un «conte de fées». Voilà comment Cœur de pirate décrit le parcours de sa protégée, Josiane Comeau. «Elle a connu une vraie progression, elle est très fière d’elle, et je le suis aussi. Sa voix a "pris une coche" depuis le confinement. Elle a beaucoup gagné en maturité, et ça l’a aidée. Elle est prête pour ce genre de carrière.»

Ayant elle-même débuté dans le métier à l’âge tendre de 18 ans, Cœur de pirate éprouve beaucoup d’affection à l’égard de sa candidate, à qui elle souhaite de «continuer à rester elle-même» et de «croire en ses propres capacités».

«Moi, je suis contente que quelqu’un m’ait donné une chance à cette époque-là. Josiane est jeune, mais elle est capable!»

Michaela Cahill  

Finaliste de l’équipe Marc Dupré

«La Voix» : une finale toute féminine
Joël Lemay / Agence QMI

Michaela Cahill chante tous les jours et échauffe soigneusement sa voix avant une prestation en public. Mais, à «La Voix», la résidente de Fort-Coulonge, en Outaouais, a assimilé un autre élément crucial, dont elle minimisait jusque-là l’importance : le plaisir.

«J’ai appris comment faire un bon "show", être vraie pour moi-même et avoir beaucoup de plaisir dans ce que je fais, énumère la jeune maman de fillettes de 7 et 4 ans. Ce n’est pas toujours obligé d’être déchirant, d’être du travail intense; il faut aussi avoir du plaisir. Et c’est réussi, parce que je suis encore ici...Je ne m’étais jamais regardée à travers une caméra avant. Quand on est trop sérieux, ça parait.»

Elle qui chante depuis l’âge de sept ou huit ans a été épaulée, affirme-elle, par «le meilleur coach», une «bonne personne», qui l’aide «avec tout».

«"La Voix" m’a beaucoup inspirée. J’ai rencontré beaucoup de gens, de vrais bons artistes, qui m’ont ouvert beaucoup d’horizons. Je suis restée très proche de tous les membres de mon équipe», expose celle qui comptait «travailler fort et essayer de dormir un peu» avant le jour J de la finale.

Mot de son coach

Marc Dupré, coach de Michaela Cahill, présente cette dernière comme une artiste intense, «super talentueuse», charismatique, aux capacités vocales impressionnantes, et qui «chante pour les bonnes raisons». Marc s’émeut du fait que, déjà établie dans la vie, maman de deux enfants, Michaela a néanmoins choisi de relever le défi de «La Voix», et insiste sur toutes les étapes que celle-ci a dû franchir pour toucher au fil d’arrivée.

«Je l’ai envoyée aux Chants de bataille, et elle a gagné. Aux Duels, elle ne connaissait pas du tout la chanson ("Le monde est stone", NDLR) qu’elle devait interpréter avec Elyzabeth Diaga. Elle ne connaissait pas non plus "Les uns contre les autres", qu’elle a chantée en demi-finale. Michaela a travaillé vraiment fort, et c’est un métier de travail, pas seulement de talent. C’aurait été facile, pour elle, de rester dans sa zone de confort et de ne faire que des chansons qu’elle connaissait, dans le registre country anglophone, mais on a essayé différentes choses. Je suis fier d’elle.»

Flora Stein   

Finaliste de l’équipe Pierre Lapointe

«La Voix» : une finale toute féminine
Joël Lemay / Agence QMI

Flora Stein, qui a joué le tout pour le tout en revisitant «Mourir sur scène», de Dalida, la semaine dernière, se dit remplie de gratitude à la simple idée de pouvoir simplement fouler une ultime fois la scène de «La Voix», ce dimanche.

«Cette soirée semblait inaccessible, s’extasie-t-elle. J’étais déjà ébahie de penser que j’allais participer à la demi-finale; alors, de passer en finale... C’est difficile de trouver le bon mot pour exprimer à quel point je suis reconnaissante envers le public d’avoir voté pour moi.»

«Je veux avoir du plaisir à la finale, poursuit la diplômée en théâtre musical. Je vais donner tout ce qu’il me reste d’énergie! À mes yeux, je suis déjà rendue au bout. Même si je ne gagne pas, je ne serai pas triste. J’ai déjà tellement gagné en participant à "La Voix"!»

Autrice-compositrice-interprète, Flora travaille déjà à mitonner son propre matériel et planifie d’aller «busker» (jouer de la musique dans la rue) en Europe lorsque le contexte social le permettra.

«C’est un rêve que j’ai depuis un bout de temps déjà. J’ai commencé à le faire à Montréal cet été, sur l’avenue Mont-Royal, et j’ai adoré ça! C’est l’une de mes aspirations. Ça peut être très payant, mais je veux surtout le faire pour les rencontres.J’ai passé beaucoup de temps à réfléchir au genre d’artiste que je veux être, pendant le confinement. Ce que je veux dégager, les valeurs que je veux entretenir, les gens auxquels je veux m’associer... C’est important», relate Flora.

Mot de son coach

Pierre Lapointe se dit admiratif du professionnalisme de Flora Stein et de ses réflexions autour du métier d’autrice-compositrice-interprète.

«Je l’avais senti, mais je l’ai surtout vu quand elle a chanté Dalida en répétition. Pour moi, c’est une grande force. C’est une fille extrêmement sympathique, gentille, généreuse, à l’écoute», exprime-t-il.

Flora n’ayant pas été la candidate la plus flamboyante cette saison, certains se sont dits étonnés de la voir se faufiler jusqu’à la finale. Ce à quoi Pierre répond qu’à «La Voix», tout peut arriver et tous peuvent l’emporter.

«Je suis habitué de voir des surprises, après quatre éditions comme coach. Pour moi, c’est la magie de ce concept. Quand les gens me demandent si je sais qui va gagner, je leur réponds qu’ils ne comprennent pas à quel point ce n’est pas "arrangé avec le gars des vues". Moi, je pars avec l’idée que tout le monde peut se rendre à la finale, dès le départ.»