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Le masque imposé trop tard?

Depistage massif au centre de depistage Fleur de Lys pour la COV
Photo d’archives

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.

Les chiffres de la semaine : 700   

C’est le nombre minimum de cas de COVID-19 qui auraient pu être évités chaque semaine, vers la fin du mois d’août, si le port du masque à l’intérieur des lieux publics était devenu obligatoire partout au Canada dès le début du mois de juillet.

C’est ce que rapporte une analyse de chercheurs en économie de l’Université Simon-Fraser, en Colombie-Britannique, et publiée cette semaine.

En fait, les chercheurs estiment que ce nombre de cas évités aurait pu être aussi important que 1100 par semaine, ce qui aurait eu un impact significatif sur le début de la seconde vague de coronavirus au Canada.

Les experts ont analysé des données concernant le début de l’imposition du masque en Ontario au début de juillet et ont fait des simulations pour l’ensemble du pays. 

Ils ont notamment tenu compte des autres mesures de distanciation sociale en place, comme la fermeture de commerces et des limites sur les rassemblements, ainsi que l’adhésion de la population à ces mesures. 

Comme on dénombrait beaucoup moins de mesures de distanciation en juillet que ce qu’on observait au printemps, les auteurs de l’analyse ont pu ainsi isoler un peu mieux les effets de l’implantation du port du masque obligatoire sur le nombre de cas de COVID-19.

– Marie Christine Trottier

Les chiffres de la semaine: 36 %  

C’est la part que représentent les préposés aux bénéficiaires parmi tous les travailleurs de la santé qui ont eu la COVID-19, selon une étude de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ).

Plus de 13 500 travailleurs de la santé ont contracté le coronavirus de mars à la mi-juin. Parmi ceux-ci, 5074 ont accepté de participer à l’enquête de l’organisme public.

De ce nombre, on compte 1834 préposés aux bénéficiaires, soit plus du tiers des répondants. Ces travailleurs ne représentent pourtant que 15 % des 286 000 employés des établissements publics et privés conventionnés ou des agences de santé du Québec, ce qui confirme qu’ils étaient les plus exposés au virus.

Ils sont suivis par les infirmières, qui comptent pour 22 % des cas, et les infirmières auxiliaires avec 12 % des cas. Les moins à risque ont été les médecins qui ont représenté 3 % des malades.

– Sarah Daoust-Braun