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«Le choix de revivre» de Clare Mackintosh: l’espoir après le deuil

Clare Mackintosh
Photo courtoisie, Astrid di Crollalanza Clare Mackintosh, écrivaine britannique.

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Auteure renommée de polars, la Britannique Clare Mackintosh s’est momentanément tournée vers un autre genre littéraire pour son nouveau roman, Le choix de revivre. Elle y raconte, de façon romancée, une histoire très dure inspirée d’une période difficile de sa vie : le moment où elle et son mari ont été confrontés à un choix difficile devant la maladie de leur fils. Cette décision a marqué leur vie.

Dans le roman, Clare Mackintosh raconte cette expérience au travers de Max et Pip, qui forment un couple solide. Très soudé, amoureux, solidaire. Cependant, lorsqu’ils doivent faire face à la décision la plus lourde et la plus importante de leur vie, ils ne parviennent pas à s’entendre.

Les conséquences de ce choix impossible menacent de dévaster leur couple. Pour Max et Pip, rien ne sera jamais plus comme avant. 

<strong><em>Le choix de revivre</em></strong><br>Clare Mackintosh,<br>Éditions La belle étoile,<br>460 pages.
Photo courtoisie
Le choix de revivre
Clare Mackintosh,
Éditions La belle étoile,
460 pages.

Ce roman est inspiré d’un fait vécu, triste et traumatisant. En 2006, Clare Mackintosh et son mari ont été contraints de prendre une décision difficile : garder en vie leur fils gravement malade ou débrancher son respirateur artificiel et le laisser mourir.

Dans son roman, Clare Mackintosh explore avec lucidité et émotion les possibilités liées à cette décision. Elle en décrit les conséquences, mais parle aussi d’espoir puisqu’elle retient qu’on a le choix de revivre après une épreuve.

Encouragée par son éditrice, Clare Mackintosh a choisi cette thématique pour son quatrième roman, même si elle s’était fait connaître par ses thrillers psychologiques.

En cours d’écriture, elle a réalisé qu’elle n’aurait pas pu l’écrire quelques années auparavant. «Le titre, en anglais, c’est After The End (Après la fin, NDLR). Ce n’est pas à propos de la tragédie, c’est à propos de notre façon d’y faire face et de ce qui se passe après», dit-elle.

Elle a dû parcourir un long chemin avant d’être prête à écrire. «Il fallait que je fasse ma propre démarche, il fallait que je sache que, oui, on peut arriver à être heureux de nouveau, et que c’est possible d’avoir le choix de revivre, d’avoir cette seconde chance.»

Comment a-t-elle trouvé la force d’affronter les événements du passé et leur bagage d’émotions intenses? «Écrire mes mémoires aurait été difficile. Mais Le choix de revivre n’est pas mon histoire à moi. J’ai puisé dans plusieurs éléments de ma propre expérience, et je peux vous dire que c’était dérangeant, difficile à écrire, mais c’est une œuvre de fiction. En écrivant l’histoire du point de vue de Max et Pip, je pouvais avoir une certaine distance. Mais j’ai encore du mal à relire certaines scènes.»

C’était cathartique, pense-t-elle. «J’étais policière avant de devenir écrivaine. On apprend à compartimenter notre vie, à se fermer à nos émotions, parce qu’on fait face à des choses horribles. Il faut se refermer, autrement, on devient fou. Cette façon de faire a fait en sorte que j’arrivais à compartimenter ma vie. J’étais capable de me fermer à mes propres émotions.»

Cette habitude lui a nui dans le processus de deuil. «Quand on doit faire face à un deuil, il faut qu’on laisse sortir nos émotions. En écrivant Le choix de revivre, il fallait que je puise dans ces émotions et que je les laisse sortir, que je les observe, pour être capable d’écrire de manière authentique ce que cela signifie d’avoir un fils gravement malade. C’était pénible, mais ça m’a aidée à guérir.»  

  • Clare Mackintosh vit en Angleterre. 
  • Elle est l’auteure de Te laisser partir (prix Polar au Festival International de Cognac), paru en 2015 et vendu à plus de deux millions d’exemplaires. 
  • Ses romans sont traduits en 35 langues.