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PCU et Aide sociale: le remboursement en suspens

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Les bénéficiaires de l’aide sociale qui ont profité aussi de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ne verront pas leur rente mensuelle être amputée pour les trois prochains mois, une décision saluée par le milieu communautaire.

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«Le [ministère du Travail, l’Emploi et de la Solidarité sociale] avait déjà suspendu le recouvrement des dettes en mai, juin et juillet comme mesure d'allègement administratif pour les personnes assistées sociales et il était nécessaire de renouveler cette mesure», a réagi par communiqué Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, après l’annonce du ministre Jean Boulet.

Le nouveau moratoire décrété par Québec entrera en vigueur à partir de novembre et sera appliqué pour une période de trois mois.

Sans la décision du gouvernement, l’aide sociale aurait été abaissée pour les prestataires qui ont touché au cours des derniers mois la PCU, un programme mis en place par le fédéral pour les travailleurs qui avaient perdu leur emploi à cause de la pandémie.

Plusieurs organismes communautaires avaient demandé dans les dernières semaines au gouvernement du Québec d’éviter ce scénario, plaidant que le remboursement du trop-perçu aurait eu des conséquences graves pour des gens qui vivent déjà dans la précarité.

«Rappelons que les personnes au programme d'aide sociale touchent des prestations d'aussi peu que 690 $ par mois, un montant permettant de couvrir un peu moins de la moitié des besoins de base. Imaginez si en plus elles se font couper une partie de ce montant et, pire encore, si cela se produit pendant une crise sanitaire sans précédent», a souligné Serge Petitclerc.

S’il est satisfait de la mesure mise en place par le ministre Boulet, M. Petitclerc pense quand même que le gouvernement devrait en faire plus pour aider les plus démunis à affronter les turbulences économiques de la pandémie.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté milite pour l’octroi d’une aide d’urgence aux assistés sociaux.

«[Le moratoire] permettra aux personnes touchées de souffler un peu en ces temps difficiles mais ne peut faire oublier le refus scandaleux du gouvernement d'accorder une aide financière d'urgence à l'ensemble des personnes assistées sociales depuis le début de la crise», a évoqué M. Petitclerc.