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Un robot pour mieux vous informer

Routes dangereuses
Capture d'écran Il est possible d’agrandir la carte interactive pour voir de plus près son quartier.

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Vous êtes-vous déjà demandé quelles sont les routes de votre région où il se produit le plus d’accidents ? Quelle intersection est la plus dangereuse dans votre quartier ?

Jusqu’à aujourd’hui, c’était pratiquement mission impossible de le savoir. Ces informations précieuses existent, mais elles sont enfouies dans des centaines de milliers de rapports d’accidents remplis de façon un peu aléatoire par tous les corps policiers du Québec.

Notre Bureau d’enquête vous présente aujourd’hui un puissant outil en ligne, accessible sur jdem.com/accidents, qui permet de dégager très facilement les rues, routes, autoroutes et intersections les plus dangereuses. Vous y verrez, pour chaque tronçon précis, le nombre d’accidents, de blessés et de morts depuis 2014.

Cette innovation est le fruit de l’inventivité de notre recherchiste Philippe Langlois. Ce passionné de chiffres et de programmation informatique cherchait un moyen d’interpréter les données de localisation de près de 435 000 rapports d’accident.

Philippe a donc conçu un géocodeur capable d’interroger les fichiers de données brutes fournies par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ)... incluant les indications très approximatives d’intersections où avaient eu lieu des accidents.

« Dans un cas, il y avait 4 millions de possibilités de combinaisons. Le géocodeur a roulé pendant toute une nuit », raconte-t-il.

Notre recherchiste a passé au moins 120 heures pour programmer son robot, faire des tests et interpréter les données. Mais ce fut du temps bien investi.

« Compiler ça manuellement, ça aurait pris un an ! » m’a-t-il expliqué.

Son travail a ensuite permis à la journaliste Annabelle Blais de relever précisément les segments les plus problématiques et de poser des questions pertinentes aux élus, aux policiers et au ministère des Transports.

Vous pourrez lire les entrevues qu’elle a menées, ainsi qu’une carte des 30 endroits les plus dangereux au Québec, aux pages 3 et 34 à 37 de cette édition.

Multiples possibilités

Autant que nous sachions, aucun outil comparable n’existe au Québec. J’ai moi-même passé de longues minutes sur la carte interactive à explorer mon quartier pour voir les zones les plus accidentogènes.

Une barre de recherche vous permet d’entrer votre adresse précise, ou tout simplement le nom d’une rue.

À partir de là, si vous êtes parents ou grands-parents, vous voudrez sûrement vous intéresser à l’itinéraire qu’emprunte votre enfant pour aller à l’école ou au parc chaque jour.

Si vous êtes un élu local, l’outil vous permettra de déterminer rapidement quelles sont les rues à sécuriser en priorité. C’est parfois un problème de signalisation, de configuration déficiente d’une intersection ou d’une bretelle routière... ou tout simplement d’automobilistes au pied trop pesant.

Gageons aussi que plusieurs fonctionnaires du ministère des Transports et des responsables de corps policiers iront faire un tour sur la carte interactive dans les prochains jours.

D’ailleurs, cet outil pourrait aussi permettre de voir facilement si les fameuses trappes à tickets et les photoradars sont réellement déployés aux endroits les plus dangereux, ou tout simplement là où il est le plus facile d’imprimer des contraventions. Les paris sont ouverts !