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Femme expulsée d'un avion: Air Transat forcée de rembourser 4000$

Sylvie Bouchard et son conjoint Jean Gingras.
Photo Agence QMI, Pierre-Jean Séguin Sylvie Bouchard et son conjoint Jean Gingras.

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Air Transat a été condamnée à verser plus de 4000$ à un couple de Gatineau qui avait été forcé de quitter un avion à destination de Puerto Plata, où le couple avait prévu de passer une semaine de vacances au soleil.

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L'affaire remonte au 19 avril 2019, bien avant la pandémie, lorsque Sylvie Bouchard et son conjoint, Jean Gingras, en compagnie d’un ami, prennent le temps de déjeuner à l'aéroport Montréal-Trudeau, juste avant le vol pour la République dominicaine.

Une fois assise dans l'avion, Mme Bouchard, qui doit composer avec des problèmes récurrents de digestion, doit régurgiter à deux occasions dans un petit sac une petite partie du déjeuner qu'elle avait mal digéré.

«Ça s'est fait très rapidement, c'était juste de la bile. J'étais correcte après. C'était fini», a-t-elle assuré en entrevue avec l’Agence QMI.

Témoin de la scène, une agente de bord prévient la directrice de vol, qui, elle, prend l'affaire très au sérieux. Des ambulanciers sont dépêchés dans l'avion pour prendre les signes vitaux de Sylvie Bouchard, qui leur explique pourtant que ses problèmes récurrents de reflux gastriques font l'objet de suivis de la part de son médecin et qu'elle se sent très bien.

Les ambulanciers iront même parler au pilote dans le cockpit pour leur dire que l'état de santé de la voyageuse ne présente aucun risque, mais la directrice de vol communiquera au téléphone avec des représentants médicaux de MedLink. Sans jamais avoir évalué la dame, ces derniers statuent qu'elle ne peut pas prendre l'avion.

Puis, un douanier se déplace jusque dans l'avion pour saisir le passeport de Mme Bouchard alors qu'un agent de bord l'avise de ne pas résister à son expulsion, puisque la force sera utilisée contre elle.

L'avion décolle finalement sans le couple Bouchard-Gingras avec une quarantaine de minutes de retard.

«C'est pas humain d'agir comme ça, a déploré à l'Agence QMI Jean Gingras. On met pas l'avion en danger, on met personne en danger.»

Dans son jugement rendu en août dernier, le juge Steve Guénard, de la Cour du Québec, observe que personne n'a pu établir que la femme avait un problème de santé sérieux. Qui plus est, personne ne vient témoigner pour Transat afin d'établir les symptômes constatés. Par ailleurs, rien dans la preuve ne fait état d'agressivité ou d'impolitesse de la part des demandeurs, note le juge.

«J'ai pleuré ma vie dans l'auto quand on est revenus de Montréal, a confié Mme Bouchard. J'étais détruite.»

Transat a été condamnée à verser 4098$ au couple en guise de remboursement du forfait avion-hôtel pour trois personnes, une nuitée à Montréal avant le départ, le déjeuner à l'aéroport et le coût de l'essence entre Montréal et Gatineau.

Au moment des faits, l’an dernier, Air Transat n’avait pas été en mesure d'accommoder ses clients – qui voulaient célébrer leur 20e anniversaire de vie commune – sur un autre vol dans les heures et les jours suivant leur mésaventure.

«J'achèterai plus jamais de billets de Transat, conclut Sylvie Bouchard. Me faire détruire comme ça, gratuitement... C'est sûr que j'allais pas laisser ça là.»