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Le charme des coquilles vides

GEN-OLIVIER-GIGNAC-PQ
Photo d’archives Faire rêver à nouveau les Québécois, telle est la quête de PSPP.

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Le nouveau chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, dénonce le nationalisme factice de la CAQ et espère ainsi raviver la flamme pour l’indépendance et son parti.

Son principal défi consiste à ramener dans son giron les péquistes déçus qui, au fil des ans, ont déserté vers la CAQ ou QS.

Il est vrai que la CAQ s’est révélée d’une mollesse ahurissante dans l’expression de son nationalisme. Quant à QS, le pragmatisme n’est pas toujours au rendez-vous.

La tâche du nouveau chef ne s’avérera pas une sinécure. Malgré sa mollesse nationaliste, la CAQ continue d’être au zénith dans les sondages et QS se maintient dans les intentions de vote tout en entretenant l’ambiguïté sur son projet indépendantiste. 

Distraction pandémique

St-Pierre Plamondon arrive à un moment où l’attention est captée par la gestion de la pandémie par les gouvernements fédéral et provincial, laissant ainsi dans l’ombre de multiples enjeux.

Outre la gestion de la pandémie, les questions de racisme et de violence faite aux enfants sont parmi les rares sujets à percoler dans l’actualité.

Contrairement à ce qu’on aurait pu anticiper, la pandémie s’est transformée en aubaine pour le gouvernement caquiste, celle-ci gommant à merveille ses défaillances, tant au plan économique qu’au plan culturel et linguistique. 

La situation de la langue française est devenue plus que préoccupante dans la région métropolitaine sans que le ministre Jolin-Barrette s’attaque fermement au déclin.

Des centaines de millions de dollars seront investis dans l’agrandissement d’institutions anglophones comme le cégep Dawson et l’Université McGill sans que la population s’en offusque. Les ministres LeBel et McCann peuvent dormir paisiblement.

Une perte de 794 millions de dollars au Fonds de développement économique sans explication sur les raisons de la radiation d’actifs ne suscite pas plus de colère chez les contribuables, laissant le ministre Fitzgibbon s’en tirer à bon compte.

Des fleurons québécois s’étiolent, tels Bombardier, le Cirque du Soleil et Air Transat, sans même que les citoyens prennent le temps de s’en émouvoir à l’heure de la COVID-19. L’armure du chevalier Legault est plutôt fragile face à la délocalisation des sièges sociaux et de notre économie.

L’indifférence, ennemi redoutable

Bécaud chantait que l’indifférence détruit le monde. St-Pierre Plamondon aura tôt fait de constater qu’elle constitue l’obstacle majeur à son projet en cette ère de pandémie.

Pire encore, dans une société fragmentée où le clientélisme électoral et l’individualisme dominent, la tâche apparaît titanesque. Mais elle n’est pas impossible !

Le nouveau chef devra présenter une vision claire du projet péquiste, faire preuve d’une intégrité à l’abri du louvoiement qui a caractérisé plusieurs de ses prédécesseurs et surtout savoir user de patience. 

Son heure viendra parce que les coquilles vides finissent par craquer et que les Québécois constateront qu’il n’y a pas si grande différence entre les libéraux et les caquistes.

Ce jour-là, St-Pierre Plamondon devra avoir complété le radoub sur le navire péquiste ! Sinon, il s’ajoutera aux coquilles vides.