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Le problème avec la vertu

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau en point de presse sur la colline du Parlement, à Ottawa, en août dernier.

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Le gouvernement Trudeau se veut vertueux.

Lutte contre le racisme, inégalités sociales, violence dans les villes, dignité pour les aînés, difficile de dénoncer les intentions louables de ses engagements politiques.

En politique, les valeurs comptent. Elles sont des signaux essentiels pour l’ensemble de la société.

Or, encore faut-il passer de la parole aux actes. C’est là que le bât blesse.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

L’art de faire la morale

Les exemples de ce gouffre entre les valeurs prônées et les résultats sont nombreux. On en a eu un bel exemple cette semaine.

Le gouvernement Trudeau se permet de faire la morale au Québec sur le racisme systémique. Pourtant, alors que la réconciliation avec les Premières Nations se voulait SA grande priorité, il a relégué aux oubliettes la refonte de la Loi sur les Indiens. 

Trop compliqué.

La violence semée par les gangs de rue doit être endiguée ? Quoi de mieux que de promettre de donner aux villes le pouvoir de bannir les armes de poing. Qu’Ottawa pellette ainsi le problème dans la cour des villes mal équipées pour faire respecter de telles règles est secondaire.

Ça paraît bien, ça rassure l’électorat. Ça permet surtout de dépeindre les conservateurs comme des suppôts du lobby des armes à feu parce qu’ils osent remettre en question l’efficacité d’une telle mesure.

Et que dire de nos aînés ? Quoi de mieux que de revendiquer des normes nationales pour s’assurer que les personnes âgées en perte d’autonomie auront droit à la même dignité, peu importe la province où elles habitent.

Qu’Ottawa évite ainsi d’aborder l’enjeu du sous-financement de la santé est secondaire. Le gouvernement Trudeau se présente en grand défenseur des aînés face à l’échec de certaines provinces, dont le Québec lors de la première vague de la COVID. 

Un monde parallèle

Ainsi défini, le débat politique se transforme en affrontement binaire entre les bons et les méchants.

Ceux qui respectent les Autochtones et les autres.

Ceux qui s’attaquent à la violence dans les villes et les autres.

Ceux qui défendent les aînés et les autres.

Dans ce monde parallèle, le message passe avant le contenu.

Face à des enjeux sociaux aussi complexes que l’atteinte de l’égalité pour les Premières Nations, la violence urbaine et les soins aux personnes âgées, le pragmatisme est dépeint comme une abdication de son « devoir moral ». 

Il est là le problème avec la vertu en politique. Elle est instrumentalisée.

Le gouvernement Trudeau en a fait une arme partisane.