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[PHOTOS] 10 découvertes qui valent le détour au cimetière Mount Hermon de Sillery

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Le cimetière Mount Hermon est au centre du site patrimonial de Sillery. Créé en 1848 par l’association des différentes confessions protestantes (anglicans, presbytériens, baptistes, méthodistes, etc.), il domine le fleuve, à l’est de la Pointe-à-Puiseaux.

Ses accès se font soit par le chemin Saint-Louis, face à l’église anglicane St. Michael, soit par un tout petit passage piétonnier donnant sur le parc des Voiliers. C’est un endroit de calme propice au recueillement, mais aussi à la découverte. 

Voici 10 découvertes à y faire:

1) Le premier cimetière-jardin au Canada       

Plan du cimetière Mount Hermon de James Miller (2009)
Photo archives du cimetière Mount Hermon
Plan du cimetière Mount Hermon de James Miller (2009)

Le cimetière Mount Hermon est né de la volonté des différentes communautés protestantes de Québec de se doter d’un lieu de repos pour leurs morts hors de la ville. Pour y arriver, elles font appel à l’architecte du paysage David Bates Douglass afin de créer un cimetière à l’image des cimetières-jardins des États-Unis. Celui-ci avait auparavant travaillé avec Frederick Law Olmsted (créateur de Central Park à New York), ce qui lui permet de maîtriser l’architecture paysagiste qui est caractérisée par des sentiers sinueux, des bosquets d’arbres et de fleurs. Mount Hermon est le premier cimetière-jardin au Canada. Il a été créé quelques années avant le cimetière Côte-des-Neiges (1854) à Montréal.

2) Des règles indiquées à l’entrée du cimetière       

Panneau des règles à respecter au cimetière
Photo Brian Treggett circa 1999, archives de la Société d’histoire de Sillery, Fonds Brian Treggett
Panneau des règles à respecter au cimetière

L’entrée au cimetière Mount Hermon implique le respect de certaines règles (19) qui sont inscrites sur un tableau de bois à l’entrée. Au XIXe siècle, n’entre pas qui veut dans un cimetière. On n'y fait pas ce qu'on veut non plus. Ainsi, s’il est possible de se promener à cheval et de manger près des tombes, le dimanche est réservé aux familles qui possèdent un défunt enterré sur le site. Encore maintenant, ces règles sont présentées sur le grand panneau de bois (maintenant vitré) visible lorsqu’on passe la clôture du cimetière.

3) Quatre générations de surintendants de la même famille        

La cloche de la famille Treggett
Photo: Répertoire du patrimoine culturel du Québec
La cloche de la famille Treggett

Près de l’entrée du cimetière, se trouve un peu en retrait la Treggett Bell commémorant les quatre générations de surintendants qui ont fait partie de la famille Treggett. Le premier représentant de la famille Treggett était arrivé d’Angleterre et avait travaillé comme jardinier à la villa Marchmont, puis était devenu le troisième surintendant du cimetière. Pendant 149 ans depuis 1865, trois autres générations de Treggett se sont succédé afin d’administrer le cimetière-jardin.

4) Des espaces de sépulture en îlots culturels       

Plan du cimetière Mount Hermon
Photo archives du cimetière Mount Hermon
Plan du cimetière Mount Hermon

Les chemins sinueux du cimetière forment des îlots propices au rassemblement de tombes. C’est ainsi qu’ont été créés, à mesure de l’implantation de nouvelles communautés non catholiques, des îlots nationaux. Ainsi, près de l’entrée se trouvent des tombes chinoises, vietnamiennes et cambodgiennes avec leurs stèles noires gravées de leurs caractères et symboles. On retrouve aussi un îlot grec (face à la crypte), puis ukrainien, roumain, etc.

5) Un espace pour les morts de l’Empress of Ireland 

Le monument funéraire pour les victimes de l’Empress of Ireland (2019)
Photo Brian Treggett, Archives de la Société d’histoire de Sillery, Fonds Brian Treggett
Le monument funéraire pour les victimes de l’Empress of Ireland (2019)

Le 29 mai 1914, l’Empress of Ireland, qui fait la liaison Québec-Liverpool, fait naufrage devant Rimouski. Sur ses 1477 passagers, 1012 sont morts. Un monument est érigé par la compagnie Canadian Pacific à la mémoire des victimes et un autre monument indique la fosse commune des morts anonymes.

6) Une terre pour les militaires morts au combat       

Monument aux militaires des États-Unis dont l’avion s’est écrasé dans Bellechasse
Photo Brian Treggett circa 1999, Archives du cimetière Mount Hermon
Monument aux militaires des États-Unis dont l’avion s’est écrasé dans Bellechasse

Après la section réservée aux Grecs se trouvent les lots militaires. On y retrouve les tombes blanches frappées des armes de leur régiment des soldats morts dans les champs de bataille lors de la Grande Guerre et de la Deuxième Guerres mondiale dont les corps ont été rapatriés au Québec. On y voit aussi un monument constitué de l’hélice d’un avion militaire états-unien, qui s’est écrasé dans Bellechasse en 1942.

7) Un inukshuk pour les Inuits décédés à Québec       

Monuments aux Inuits morts de la tuberculose à Québec
Photo Brian Treggett 2020
Monuments aux Inuits morts de la tuberculose à Québec

Près de la clôture qui longe la côte de Sillery, il est possible de voir un inukshuk. Ce monument commémore les Inuits, souvent inconnus, qui sont morts à Québec alors qu’ils venaient s’y faire soigner. Lorsqu’ils mouraient lors des traitements, ce qui n’était pas rare, ils étaient enterrés à Mount Hermon où, de temps en temps, de la famille venait les visiter.

8) Un lieu de repos pour le seul premier ministre québécois protestant       

Monument d’Henri-Gustave Joly de Lotbinière
Photo Brian Treggett circa 1999, Archives du cimetière Mount Hermon
Monument d’Henri-Gustave Joly de Lotbinière

Depuis la Confédération (1867), un seul des premiers ministres du Québec fut protestant. Il s’agit d’Henri-Gustave Joly de Lotbinière. Il est aussi le seul premier ministre du Québec à être né hors du Canada (il est né à Épernay en France). Joly de Lotbinière fut le 4e premier ministre du Québec (mars 1878 – octobre 1879). Il fut aussi lieutenant-gouverneur (juin 1900 – mai 1906) de la Colombie-Britannique.

9) Une tombe creusée dans le flanc de la butte       

La tombe de Jacques Paquette (Jacob Easter)
Photo Brian Treggett, 2020
La tombe de Jacques Paquette (Jacob Easter)

En août 1986, le cimetière Mount Hermon doit prendre une décision: le gourou d'une secte et ancien fondateur du Parti socialiste chrétien (Jacques Paquette/Jacob Easter) décède. Ancien «thérapeute» et héroïnomane, il est le fondateur d’une secte chrétienne qui prône le meurtre pour faire changer les lois. Il avait prédit que trois jours après sa mort, il ressusciterait. Pour cette raison, aucun cimetière ne veut l’accueillir, de peur que ses adeptes déterrent le corps. Mount Hermon acceptera, mais sa tombe sera creusée à même le flanc d’une butte. La porte de fer est soudée pour empêcher son ouverture.

10) Un cimetière qui produisait ses propres fleurs       

William Treggett dans sa serre (vers 1875)
Photo archives de la Société d’histoire de Sillery, Fonds Brian Treggett
William Treggett dans sa serre (vers 1875)

Dès l’origine, et jusqu’à la fin des années 1960, le cimetière Mount Hermon avait ses propres serres où étaient produits les fleurs et arbustes qui ornaient les tombes et les allées du cimetière. La production était telle que les surintendants échangeaient graines et boutures avec les jardiniers des grands domaines de Sillery. Certains des arbustes encore présents proviennent de cette production. Les serres servaient aussi à acclimater des plans, comme ceux de nouvelles espèces de rhododendrons.

Un texte de Jean-Louis Vallée, président de la Société d'histoire de Sillery


  

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