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Allonge ta jupe et tais-toi

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Dans les dernières semaines, des garçons fréquentant plusieurs écoles secondaires du Québec ont porté la jupe pour dénoncer le code vestimentaire sexiste de ces établissements d’éducation.

J’ai appris au secondaire qu’être une fille, ça veut dire se faire dicter comment s’habiller, de la longueur de sa jupe à la forme de ses bretelles.

J’ai intégré la notion que mon corps allait être surveillé.

Pourtant, jamais je n’aurais pu me douter que d’être une fille, ça voulait dire être moins écoutée.

Les codes vestimentaires des écoles visent majoritairement les étudiantes. On essaie de contrôler le corps des filles en leur disant que c’est mal de montrer de la peau. Cela peut mener à un sentiment de honte de soi.

Ça, les filles le ressentent depuis longtemps. Dans les dernières années, des initiatives menées par des étudiantes ont tenté de dénoncer ces injustices. Elles n’ont pas eu autant d’impact que le présent mouvement « Moi aussi, je porte ma jupe », dont les instigateurs sont des garçons.

Je salue leur initiative, mais j’ai un malaise : pourquoi les filles ont-elles besoin de l’aide des gars pour être prises au sérieux ?

Et si on écoutait les filles ?

Maëlle Péloquin, une étudiante de 15 ans de Longueuil, dit ceci en parlant du mouvement : « ... le fait que les gars soient rentrés dans ce monde-là, ça a changé les choses. Au moins, on s’est fait entendre. »

Il est inadmissible qu’il faille que des gars s’en mêlent pour qu’on porte une oreille attentive aux revendications des filles.

Loin de moi l’idée de blâmer ces jeunes étudiants qui portent la jupe. Je blâme plutôt les adultes, les directions d’écoles et le personnel qui prêtent attention seulement quand ce sont des gars qui parlent.

Si on écoutait les filles, on saurait depuis bien longtemps qu’elles veulent pouvoir choisir comment elles s’habillent sans que l’on attribue un caractère sexuel à leur corps.