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Croissance vertigineuse pour les concurrents de Postes Canada

Des entreprises québécoises de livraison profitent des ratés de la société d’État

Catryn Pinard
Photo Pierre-Paul Poulin Catryn Pinard dirige Nationex, fondée par son père en 1980. L’entreprise de Saint-Hubert possède aujourd’hui une flotte de 350 camions. Nationex et beaucoup d’autres sociétés québécoises de livraison de colis embauchent présentement massivement.

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L’aveu de Postes Canada de son incapacité à répondre à l’explosion anticipée des besoins de livraison de colis à l’approche des Fêtes profite actuellement aux entreprises privées de livraison de colis de tout le Québec.

« C’est complètement fou, confirme Jordan Arshinoff Foss, président de Xpedigo, une jeune société de livraison de colis le même jour, de Montréal. C’est le cas depuis le début de la pandémie. Mais je vous dirais que ça s’est accentué depuis que Postes Canada a mis cartes sur table. Notre croissance est exponentielle et nous ouvre la porte à l’exploration de nouveaux marchés. »

La semaine dernière, la Société canadienne des postes a prévenu qu’elle ne parviendrait pas à livrer dans les délais espérés l’ensemble des achats électroniques réalisés à l’approche de Noël. Un message qu’elle avait déjà commencé à faire circuler depuis quelques semaines parmi ses principaux clients commerciaux, dont Amazon, le géant américain du commerce électronique.

Des clients à la pelletée

« Nous sommes plus sollicités que jamais, raconte pour sa part Catryn Pinard, présidente et chef de la direction de Nationex, une entreprise fondée à Saint-Hubert il y a quarante ans. En plus de nos clients habituels, plusieurs clients de Postes Canada nous appellent maintenant pour connaître si nous pourrions réaliser une part de leurs livraisons. »

Pour l’heure, Nationex affirme pouvoir encore répondre aux besoins de ses clients, en plus d’accepter de nouveaux mandats. Mais même avec une flotte de 350 camions de livraison au Québec et en Ontario, il viendra un moment, laisse entendre Mme Pinard, où l’entreprise pourrait aussi devoir freiner l’augmentation des volumes de livraison.

« C’est pas tout de croître, encore faut-il bien le faire, dit-elle, estimant à plus de 20 % son niveau de croissance en 2020. Or, toute hausse d’activité requiert de nouvelles ressources, tant financières qu’humaines. »

Nationex est d’ailleurs à la recherche active de travailleurs pour occuper des postes de manutentionnaires, chauffeurs et agents de service à la clientèle. Les besoins sont urgents et on ne parle pas ici de besoins ponctuels pour la seule période des Fêtes, insiste sa présidente.

Le beau jeu du privé

Intelcom Express, une autre entreprise de livraison québécoise présente dans tout le pays, fait aussi état de besoins de manutentionnaires pour triage de colis. 

Comme ses concurrentes, elle affirme avoir le beau jeu. 

À la différence de Postes Canada, qui ne peut refuser de clients, son président, Jean-Sébastien Joly, explique que les sociétés privées ont le loisir d’accepter ou non les mandats proposés. 

« La demande est telle qu’aucune ne pourrait se permettre de prendre tous les mandats qui se présentent. Ce faisant, se réjouit-il, elle nous a permis de doubler nos livraisons depuis un an et de prendre pratiquement deux ans d’avance sur notre plan d’affaires. »