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La Ville de Québec va autoriser les mini-maisons dès 2021

La Ville de Québec va autoriser les mini-maisons dès 2021
Photo Stevens Leblanc

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La Ville de Québec ira de l'avant avec l'autorisation des mini-maisons sur son territoire, dès 2021, une nouveauté qui sera «fantastique», selon le maire Labeaume.

L'administration Labeaume a présenté lundi la version finale de sa Vision de l'habitation 2020-2030. Les grands pans de cette vision avaient été révélés en mars dernier. Ils sont maintenant officiels dans le document final.

La Ville consultera bientôt sa population sur sa nouvelle intention d'autoriser les mini-maisons de 400 à 800 pi2 dans les arrière-cours ou sur des terrains prévus à cet effet. Pour élaborer la réglementation à cet effet, la municipalité fera appel à quatre constructeurs pour l'aider. 

«C'est vraiment fantastique», s'est enthousiasmé le maire, qui s'est félicité de l'apport des constructeurs «jeunes et modernes» dans l'élaboration du projet. 

«Ça ouvre bien des perspectives en termes de densification douce», a-t-il précisé. Il n'est pas impossible qu’il y ait un projet pilote ou qu'on cible des secteurs où on sait que les mini-maisons seront «plus acceptables», pour débuter. Car le maire anticipe des réticences de la part de voisins qui ne verraient pas d'un bon oeil l'arrivée d'une petite habitation près des limites de lot. «On cherche la façon la plus acceptable. On sait qu’il y a un défi d’acceptabilité sociale.»

Le chef de l'opposition, Jean-François Gosselin, aurait choisi une autre approche. Pour lui, il serait préférable d'autoriser les minimaisons dans certains quartiers qui se prêtent davantage à ce type d'habitation, comme la Haute-Saint-Charles et Charlesbourg. 

«On ne viendrait pas étendre ça à la grandeur de la ville.» Selon lui, l'implantation amènerait des complications au plan technique, par exemple en ce qui concerne le zonage.

5000 nouvelles habitations

Dans le cadre de sa nouvelle vision, la Ville veut se doter de 5000 nouvelles habitations d'ici cinq ans, dont une grande partie sera concentrée le long de la zone d'influence du réseau de tramway. 

On planifie 2600 nouveaux logements sociaux et abordables, 2000 nouvelles unités pour les aînés et 400 «logements accessoires», soit les mini-maisons ou des annexes résidentielles à des maisons existantes. 

Parmi les logements sociaux, 582 sont déjà attribués ou sont sur le point de l’être, dont 80 qui seront réservés à des jeunes qui sortent des centres jeunesse et 40 aux itinérants. Des discussions sont en cours pour 385 autres unités. «Comme nous avions 817 logements en réserve, vous comprendrez que si tous les projets se réalisent, nous serons en déficit potentiel de 150 unités au printemps 2021», a indiqué le maire, qui estime que les gouvernements devront aussi faire leur part. 

Manque à gagner

Une situation soulignée aussi par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, par communiqué, lundi. «C’est là que le bât blesse, malgré toute la bonne volonté de l’administration Labeaume, afin de réaliser ces mises en chantier, la Ville a besoin du financement gouvernemental et d’une nouvelle programmation de logements sociaux pour les prochaines années. Que fera-t-elle si Québec ne finance pas les unités prévues? Rappelons que le gouvernement Legault a choisi, pour une deuxième année consécutive, de ne pas financer de nouvelles unités de logement social», a fait valoir Vincent Baillargeon.

Au Bureau d’animation et information logement (BAIL), Jonathan Carmichael estime que «la Ville a une fois de plus négligé plusieurs aspects de l’habitation. C’est franchement décevant. Il n’y a pratiquement rien pour améliorer les conditions de logement des locataires qui vivent dans des taudis ou des logements en mauvais état, rien pour protéger les locataires qui se font évincer de leur logement pour y faire place à des touristes, rien pour contrer le phénomène de réno-éviction de plus en plus présent à Québec».