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L’obsession conceptuelle

Le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière
Capture d'écran TVA Nouvelles Le nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière

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Racisme systémique: cette insistance à faire passer un test de pureté idéologique à chaque député du gouvernement commence à agacer même ceux qui, a priori, appuient le concept.

L’obsession

Je ne compte plus le nombre de personnes, de tous les horizons intellectuels ou idéologiques, qui m’ont affirmé, d’une manière ou d’une autre, leur agacement face à l’obsession qu’elles constatent devant le traitement du concept de «racisme systémique» à certaines antennes; notamment à Radio-Canada.

Suffit d’être un auditeur habitué de la première chaîne pour constater que presque chaque émission trouvera sa façon de parler du concept. Plus encore s’il faut que l’on traite du gouvernement québécois. 

Un ami et ex-collègue de l’université a trouvé cette formule intéressante: l’obsession conceptuelle. 

Lui-même, a priori d’accord avec le concept de racisme systémique, est saisi de cet agacement de certains acteurs sociaux et médiatiques à vouloir absolument imposer l’acceptation de l’expression. 

Mon collègue Bock-Côté le résume ainsi...

Cette adhésion au concept se transforme, pour certains, en facteur d’appréciation des uns et des autres. Pour les politiciens, entre autres. Dans les cercles dits «progressistes», par exemple, un Doug Ford, autrefois paria populiste infréquentable, peut gagner beaucoup de points en adhérant au concept. 

C’est fascinant, n’est-ce pas?

Cette obsession conceptuelle prend l’allure de sens inique, par contre. Elle ne s’appliquera qu’en fonction des biais idéologiques qui sous-tendent l’adhésion au concept premier. 

Si c’est absolument insoutenable que des politiciens refusent de nommer l’évidence dans le premier cas, on ne trouvera pas à redire quand d’autres politiciens sont frileux à nommer l’évidence dans le cas suivant...

Acte ignoble? En effet. Mais cet «acte ignoble» mérite d’être défini; il s’agit d’un attentat terroriste perpétré par un islamiste radicalisé. D’ailleurs, plus on en apprend sur cet attentat, plus le fil de la radicalisation prend forme. Et c’est troublant. 

Des médias anglais tels que la BBC ont établi quelques faits qui font réfléchir, notamment que le tueur semble avoir relayé des images et des vidéos de son attentat dans des réseaux d’islamistes radicalisés. 

Dire que la France continue d’entendre des témoignages troublants, quotidiennement, dans le cadre du procès des terroristes de Charlie Hebdo, lequel est toujours en cours...

Et ce ton...

Cette partie de l’entrevue de l’ex-boxeur Ali Nestor a pris des allures de dîner de con. Et servi en pâture, le nouveau ministre des Affaires autochtones et méchant caquiste Ian Lafrenière. 

Bien entendu, dans l’antre de la promotion de l’idéal diversitaire, personne pour assurer quelque répartie que ce soit à l’invité. Et le ministre, placé dans une situation intenable, ne pouvait qu’encaisser les coups. Une proie facile pour le boxeur, qui ne s’est pas gêné.

Une fois qu’on a dit ça, une fois le malaise passé, est-on plus avancé? Ce ton belliqueux, hyper polarisant, en quoi fera-t-il avancer les choses? Il ne fait que contribuer à cristalliser l’adhésion des uns au concept et le refus des autres.

Et c’est bien une tare de tout ce débat, le refus d’admettre qu’il existe une dimension intrinsèquement militante à tout ça. 

Ceux qui participent à cette «obsession conceptuelle» ne s’arrêteront pas à la seule admission ou à une frêle adhésion par le gouvernement que le racisme systémique existe. 

Ce concept comporte une dimension militante, c’est indéniable. Et dans le cercle de François Legault, on le sait. La seconde où le gouvernement adhérera au concept, l’obsession conceptuelle migrera. 

On parlera alors de l’insoutenable discrimination de la loi 21 comme exemple parfait de racisme systémique. 

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