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Manifestation à l’aéroport pour sauver l’industrie aérienne

Manifestation à l’aéroport pour sauver l’industrie aérienne
Photo d'archives, Agence QMI

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Les travailleurs du secteur aérien se mobilisent pour sauver leur industrie qui est mise à mal par la COVID-19. Afin de sensibiliser le gouvernement fédéral à propos des pertes énormes créées par la paralysie des activités aériennes, une manifestation est organisée mardi, à midi, à l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec.

Le rassemblement débutera à 11h30 dans le stationnement P-4 qui sera gratuit pour l’occasion. L’activité réunira des pilotes, agents de bord, mécaniciens et employés de l’aéroport qui sont préoccupés par la situation qui prévaut au pays dans leur industrie. Le public est aussi attendu en grand nombre. Une activité similaire se déroulera en même temps à Ottawa. 

«On proteste contre l’inaction du gouvernement qui a mis des restrictions depuis le mois de mars qui empêchent les compagnies d’aviation de fonctionner. Ces restrictions sont reportées d’un mois à l’autre. Énormément de compagnies aériennes sont sur le bord de la faillite, incluant les aéroports. Il n’y a aucun plan de relance pour l’aviation», a affirmé Gilles Hudicourt, pilote d’avion pour une compagnie aérienne qui exploite des vols internationaux.

Reprise demandée

Alors que plusieurs pays ont mis en place différents moyens pour aider la reprise du trafic aérien dans des conditions sécuritaires, l’industrie au Canada nage toujours dans le néant. Plusieurs joueurs risquent même de couler à pic, selon M. Hudicourt, si le fédéral n’annonce pas une aide rapide pour soutenir les compagnies aériennes. 

«Tous les pays du G20 sont venus en aide aux lignes aériennes, sauf le Canada. C'est la raison pour laquelle le Canada est un des rares pays où on n'a pas remboursé les billets d'avion. Toutes les compagnies étrangères qui viennent au Canada et qui ont remboursé leurs clients, comme KLM ou British Airways, ont reçu sans exception de l'aide de leur gouvernement. Elles n’ont pas reçu des dons, mais des prêts à faible taux d’intérêt. Les compagnies aériennes canadiennes ont indiqué que si elles recevaient de tels prêts, elles seraient disposées à rembourser leurs clients», a ajouté M. Hudicourt qui est l’un des organisateurs de cette manifestation.  

Dommages catastrophiques 

Si rien ne bouge, M. Hudicourt anticipe le pire pour son industrie.  

«La menace immédiate, c’est la faillite pure et simple. On va perdre des dizaines de milliers d’emplois. Air Canada a déjà mis à pied 20 000 de ses 38 000 employés», a-t-il fait part.  

L’avenir des aéroports est aussi menacé, a-t-il ajouté, puisque les grands aéroports appartiennent à des corporations sans but lucratif qui sont financées par les frais payés par les passagers et les lignes aériennes. 

En 2019, l’aéroport de Québec a accueilli 1,8 million de passagers et au rythme où vont les choses, ce sont plutôt 600 000 personnes qui auront transité à la fin de l’année 2020.  

Avant la pandémie, on dénombrait 2500 employés sur le site de l’aéroport. Uniquement dans la région de Québec, ce sont près de 260 M$ de retombées, d’après une étude du Conference Board du Canada qui remonte à 2017.  

Stade zéro

M. Hudicourt énumère une série de mesures qui ont été mises en place pour permettre une reprise graduelle des vols ailleurs. La Barbade demande aux voyageurs de présenter un test négatif de COVID-19 72 heures avant le vol. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont ouvert un corridor pour la circulation des voyageurs sans restrictions. D’autres pays installent des unités pour faire le test rapide à l’aéroport.  

«Nous, nous sommes au stade zéro. Il n’y a eu aucun assouplissement des règles depuis le mois de mars», déplore-t-il.  

«La relance est commencée. Le trafic domestique en Chine, en ce moment, est revenu à la normale, c’est-à-dire, au niveau où il était avant la COVID. Il y a des millions de passagers qui volent à tous les jours», a poursuivi M. Hudicourt. 

«Les quelques avions qui volent au Canada le font à perte. Il y a 10% des avions qui volent, mais à peine 40% de leurs sièges sont occupés.» 

Air Canada est obligé de vendre des Boeing pour contrebalancer ses pertes liées à la COVID-19, souligne-t-il.  

«Même la plus grande compagnie au Canada est au risque de faire faillite.» 

Les organisateurs désirent faire en sorte que leur message soit entendu.