/world/europe
Navigation

Brexit: reprise des négociations à Londres après une semaine de blocage

Brexit: reprise des négociations à Londres après une semaine de blocage
AFP

Coup d'oeil sur cet article

LONDRES | Après une semaine de blocage, le Royaume-Uni et l’Union européenne reprennent jeudi à Londres leurs négociations commerciales post-Brexit, avec d’importantes divergences à combler et très peu de temps pour échapper au «no deal». 

Les Européens ont averti qu’un compromis devait être trouvé avant la fin octobre pour qu’un accord de libre-échange soit en place le 1er janvier, fin de la période de transition pendant laquelle les règles européennes continuent de s’appliquer sur le territoire britannique.

Cela leur donne une dizaine de jours, à moins de jouer les prolongations, pour s’accorder sur des sujets aussi complexes que la pêche ou le niveau d’alignement avec les règles européennes consenti par Londres pour accéder au marché européen sans quotas ni droits de douane.

Une équipe de négociateurs européens doit arriver dès jeudi à Londres. Les discussions doivent s’y tenir jusqu’à dimanche. Ensuite, elles auront lieu en personne ou par visioconférence, selon ce qui sera décidé.

Elles sont prévues de manière quotidienne, week-end compris, sur tous les sujets en parallèle et sur la base de textes légaux, comme le voulait Londres sans attendre un compromis de principe.

«Clairement, des différences significatives demeurent entre nos positions sur les sujets les plus difficiles, mais nous sommes prêts, avec l’UE, à voir si c’est possible de les rapprocher lors de discussions intensives», a indiqué un porte-parole du premier ministre Boris Johnson dans un communiqué. «Il est tout à fait possible que les négociations échouent», a-t-il averti.

Brexit: reprise des négociations à Londres après une semaine de blocage
AFP

Accord «à portée»

Malgré l’urgence de la situation, les deux parties ont passé la dernière semaine à un jeu de ping-pong, exigeant de l’autre de faire le premier pas, après un sommet européen marqué par la fermeté des 27. Boris Johnson avait alors déclaré les pourparlers «terminés» et demandé à son pays de se préparer à un «no deal», une perspective potentiellement dévastatrice pour des économies déjà ébranlées par la pandémie de COVID-19.

Pour débloquer la situation, les négociateurs européen Michel Barnier et britannique David Frost se sont parlé par téléphone tous les jours depuis le début de la semaine.

Dans une apparente concession aux Britanniques, Michel Barnier s’est dit, mercredi, devant les députés européens, prêt à rechercher «les compromis nécessaires, de chaque côté».

«Tout futur accord se fera dans le respect de l’autonomie de décision de l’Union européenne et dans le respect de la souveraineté britannique», a-t-il également promis, jugeant «malgré les difficultés», un accord toujours à «portée».

Les discussions butent toujours sur trois sujets: l’accès des Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Lui aussi devant les eurodéputés mercredi, le président du Conseil européen, Charles Michel, a reproché à Londres de vouloir accéder au marché unique européen «tout en étant capable de s’écarter de nos normes et règlementations, quand cela lui convient».

«On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, et le sourire de la crémière», a-t-il lancé.

Sans accord, les échanges entre les deux parties seront dès le 1er janvier régis par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane élevés. Même en cas de compromis évitant cette brusque rupture, les entreprises doivent se préparer à des démarches chronophages pour exporter et se plier aux normes respectives.