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L’UPAC et le BEI pourront embaucher eux-mêmes leurs enquêteurs

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En permettant aux patrons de l’UPAC et du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) d’embaucher eux-mêmes leurs enquêteurs, Québec ouvre la porte à la possibilité, pour les retraités, de profiter d’une double rémunération.

La ministre Geneviève Guilbault a déposé mercredi un projet de loi qui change le mode de nomination des limiers chargés de lutter contre la corruption. Le plus récent rapport du Comité de surveillance de l’UPAC déplorait l’important roulement de personnel, qui peut nuire aux enquêtes.

À l’heure actuelle, les inspecteurs de l’UPAC sont prêtés par un autre corps de police. Dorénavant, le commissaire Frédérick Gaudreau pourra recruter lui-même les membres de son escouade.

Le projet de loi 72 offre le même pouvoir au directeur du BEI, qui pourra choisir son équipe d’enquêteurs. En ce moment, c’est le Conseil des ministres qui nomme les membres de cette brigade chargée d’enquêter sur les interventions policières.

Un changement important pour cette organisation, qui devait jusqu’ici soumettre ses employés à une règle de la fonction publique les empêchant de toucher à la fois leur pleine pension et leur salaire. Un frein, selon plusieurs, à l'embauche d'enquêteurs d’expérience.

La ministre de la Sécurité publique a convenu mercredi qu’il y avait effectivement «un enjeu» avec cette règle au BEI.

Geneviève Guilbault a précisé que les conditions de travail des enquêteurs feront l’objet de discussion avec la Conseil du trésor. «Il y aura une négociation de convention collective», a-t-elle ajouté.

La ministre a refusé de commenter la possibilité que la double rémunération soit éventuellement permise au BEI.

Enquêteurs au profil varié

Avec ce nouveau mode de nomination, Geneviève Guilbault estime aussi fournir un outil de plus pour que l'UPAC «fonctionne mieux».

Si elle veut pouvoir continuer d’embaucher d’ex-policiers, l’escouade souhaite surtout avoir la possibilité de recruter des enquêteurs au profil varié, ce que lui permettra le nouveau mode de nomination, a fait valoir le porte-parole, Mathieu Galarneau.

Ce dernier précise que sur les 88 personnes dédiées aux services des enquêtes, 14 d’entre eux sont des policiers retraités, qui touchent donc leur pleine pension et leur salaire. Ce sont toutefois des gens qui ont été embauchés comme agents de la paix, à titre de professionnels de la fonction publique.