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Prêt à prendre du galon

Thomas Chabot aspire à jouer un rôle de meneur avec les Sénateurs

Sénateurs c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Le défenseur Thomas Chabot entrevoit un bel avenir pour les jeunes Sénateurs.

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Les Sénateurs n’ont pas caché leur jeu. Ils ont choisi d’entrer dans une phase de reconstruction dans l’espoir de bâtir une équipe gagnante grâce à de bons choix au repêchage. 

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Pierre Dorion, le directeur général des Sénateurs, a déjà un bon noyau avec Brady Tkachuk, le 4e choix au total au repêchage de 2018, et Thomas Chabot, le 18e choix au total à l’encan de 2015. 

À Belleville dans la Ligue américaine, il y avait aussi un groupe d’espoirs intéressants avec les attaquants Josh Norris, Drake Batherson, Alex Formenton, Logan Brown et le défenseur Erik Brannstrom, pièce maîtresse de l’échange de Mark Stone avec les Golden Knights de Vegas. Mais les jeunes auront besoin de grandir et de mûrir avec les Sénateurs. Il y a des bourgeons qui écloront à Ottawa, mais d’autres qui n’y arriveront pas. 

Au dernier repêchage, Dorion a encore une fois regarni sa banque d’espoirs avec trois choix au 1er tour, dont deux parmi les cinq premiers. Les Sénateurs ont repêché l’attaquant Tim Stützle (3e choix), le défenseur Jake Sanderson (5e choix) et le centre Ridly Greig (28e choix). 

Propriétaire optimiste

Pour accélérer un processus de reconstruction, il s’agit d’une très bonne base. Dans un élan d’enthousiasme assez fidèle au personnage, le propriétaire Eugene Melnyk a fait la déclaration suivante au Financial Post

« Je crois vraiment que nous serons champions de la Coupe Stanley d’ici quatre ans. Ça pourrait survenir n’importe quand dans les quatre prochaines années. »

À 23 ans et à l’aube de sa quatrième saison à Ottawa, Chabot connaît parfaitement le potentiel de son équipe. Le rapide défenseur n’a pas sursauté quand il a pris connaissance de la prédiction de son propriétaire. 

« Quand tu regardes cette année, nous avons repêché de très bons espoirs avec deux choix dans le top 5, a rappelé Chabot en entrevue téléphonique au Journal. Nous avons acquis (le gardien) Matt Murray, qui a gagné à deux reprises la coupe Stanley à Pittsburgh. Nous avons aussi ajouté un bon marqueur avec Evgenii Dadonov. »

« Nous avons encore du chemin à faire, mais je crois réellement en notre potentiel. Nous serons une équipe très jeune la saison prochaine. Nous devons rester réalistes. Les jeunes demeureront en apprentissage et ils feront encore des erreurs. Mais tu grandis toujours de tes expériences. 

« Malgré cette réalité, j’y crois. Nous sommes une équipe avec déjà du talent et de très beaux espoirs. Il y a plusieurs bons jeunes dans la Ligue américaine et nous avons fait de bons repêchages. En théorie, nous deviendrons une équipe très solide. Mais tu ne sais jamais comment les jeunes se développeront. Pour le talent, je crois que nous serons là. L’an dernier, nous avons aussi commencé à bâtir une identité pour notre équipe. Nous travaillons toujours fort, nous n’abandonnons jamais. Nous serons dans le visage de l’autre équipe. Ce sera une clé pour notre développement. » 

Encore loin

Chabot n’a pas la tête dans le sable. Il sait que les Sénateurs partent de loin. Mais ça ne l’empêche pas de voir d’un bon œil l’avenir de l’équipe.

« Quand tu regardes notre banque d’espoirs, c’est très intéressant. Il n’y a pas juste Stützle et Sanderson. Il y a Lassi Thomson, Shane Pinto, Jacob Bernard-Docker. Le talent est là à 100 %. C’est normal pour certaines personnes de réagir (après les commentaires de Melnyk). Nous avons terminé au 7e rang de la division Atlantique l’an dernier. Nous sommes réalistes. Nous savons d’où nous partons. Les équipes dans l’Atlantique sont aussi très bonnes. Le Lightning a gagné la coupe Stanley, les Bruins ont atteint la finale en 2019, les Maple Leafs ont du talent, le Canadien a ajouté des pièces importantes, etc. »

« Nous sommes une équipe jeune avec un bel avenir, mais nous aurons besoin de continuer à construire notre identité. Oui, j’y crois que nous deviendrons assez rapidement une équipe difficile à battre. » 

Possible lettre

Depuis le départ d’Erik Karlsson en 2018, les Sénateurs n’ont pas de capitaine. Ils ont aussi perdu leurs trois adjoints de l’an dernier. Jean-Gabriel Pageau porte maintenant les couleurs des Islanders de NewYork , Mark Borowiecki a signé un contrat avec les Predators de Nashville et Ron Hainsey se cherche un emploi. 

D.J. Smith, l’entraîneur en chef, regardera certainement en direction de Chabot et Tkachuk pour assumer davantage de leadership. 

« L’an dernier, j’ai porté un « A » sur mon gilet pour quelques matchs, a répliqué Chabot. Avec la lettre ou pas, je cherchais à agir comme un meneur. C’est une chose naturelle chez moi. Je ne me placerai pas plus de pression. Nous serons une équipe jeune et nous grandirons ensemble. »

Une pause interminable 

Les Sénateurs, à l’instar des six autres équipes exclues de la relance des activités dans la LNH, n’ont pas joué une seule rencontre depuis le 12 mars, date de l’interruption de la saison en raison de la pandémie de COVID-19.

On parle donc d’une pause de sept mois. Si la saison devait s’amorcer le 1er janvier – et il y a un gros si dans cette phrase –, on parlerait d’une pause de près de 10 mois. 

« Ça ne m’est jamais arrivé de passer autant de temps sans jouer un match, a dit le défenseur Thomas Chabot au Journal. Même pour la quarantaine à partir d’avril, je ne me souvenais pas de la dernière fois que j’avais passé neuf semaines sans toucher un bâton de hockey et sans entrer dans un aréna. C’était une nouvelle expérience. »

Chabot reste très conscient qu’il y aura beaucoup de rouille à chasser avant le début de la prochaine saison. 

« Il s’agira d’un défi après une aussi longue interruption, a affirmé le joueur originaire de Sainte-Marie en Beauce. Je crois qu’il s’agira surtout d’un ajustement. Au cours des derniers mois, j’ai cherché des situations pour recréer des matchs. J’ai joué dans de petites ligues avec d’autres joueurs. Ce n’est pas le rythme d’un match régulier de la LNH, mais ça te garde alerte physiquement et mentalement.

« Les premiers matchs de la saison seront différents, surtout après une longue pause. Les sept équipes qui n’ont pas joué depuis mars auront besoin de connaître un bon camp. C’est là que nous regagnerons nos repères. J’aimerais aussi avoir la chance de jouer des matchs préparatoires avant le début de la prochaine saison. »

Déjà à Ottawa

La LNH étudiera notamment la possibilité d’un camp d’entraînement plus long pour les sept équipes qui n’ont pas participé au tournoi estival.  

Depuis un peu plus de deux semaines, Chabot est rentré dans sa ville d’adoption à Ottawa. 

« J’ai plus facilement accès à une patinoire à Ottawa. Il y a aussi quelques gars des Sénateurs. Nick Paul, Nikita Zaitsev et Artem Zub sont là. Il y a aussi des gars de la place comme Jean-Gabriel Pageau, Erik Karlsson et Kyle Turris. Il y a un assez bon groupe pour jouer du hockey d’un très haut calibre. J’aime vraiment m’entraîner avec eux. Je peux aussi m’entraîner avec notre préparateur physique chez les Sens, Chris Schwarz. 

« Nous respectons les consignes de la santé publique pour les entraînements. Mais il y a un retour à la zone rouge depuis la semaine dernière. Je m’entraîne à la maison. J’ai hâte que la situation s’améliore pour recommencer à patiner. »

Textos aux plus jeunes

Il y a deux semaines, Chabot a joué son rôle de meneur en souhaitant la bienvenue aux Tim Stützle et Jake Sanderson.  

« J’ai envoyé des textos à la majorité de nos joueurs repêchés. Je sais que c’est important pour les jeunes de recevoir des mots d’encouragements. Je me souviens de la journée de mon repêchage. J’avais reçu un texto de Bobby Ryan dans la mer des messages obtenus. »

Si Sanderson poursuivra son apprentissage avec les Fightning Hawks de North Dakota dans la NCAA, Stützle devrait faire ses débuts à Ottawa cet hiver. 

« J’ai vraiment hâte de le voir, a lancé Chabot. Il est extrêmement talentueux. Pour sortir dans le top 3 d’un repêchage de la LNH, tu as besoin d’un talent spécial. Dans la DEL (Allemagne), il jouait contre des joueurs beaucoup plus âgés et il trouvait des façons de dominer. Il avait des chiffres impressionnants pour son âge avec près d’un point par match. » 

Stützle, le 3e choix au total au dernier repêchage, a obtenu 34 points (7 buts, 27 passes) en 41 matchs à Manheim.