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Prison à domicile pour avoir fraudé un CPE de 200 000$

Une ex-assistante administrative d’une garderie devra rembourser jusqu’en 2030

PH-Facebook
Photo tirée de Facebook Mélanie Lessard, qui a fraudé le CPE où elle travaillait de près de 200 000 $, a depuis perdu sa voiture et sa maison, et continuera de rembourser son ex-employeur.

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Une ancienne employée qui a détourné près de 200 000 $ à sa garderie s’en est sortie avec de la prison à domicile et des travaux communautaires, mais elle devra rembourser le montant fraudé au cours des 10 prochaines années.

Décidément, le crime n’a pas payé pour Mélanie Lessard, qui a déjà dû vendre sa maison pour commencer le remboursement, qui s’étirera jusqu’en 2030, à raison de 600 $ par mois.

« Je suis consciente de tout ce qui a été fait, a-t-elle dit d’une petite voix mercredi au palais de justice de Montréal. La personne d’il y a 10 ans et celle d’aujourd’hui sont complètement différentes. »

C’est que le crime de la femme de 35 ans remonte à 2008, quand elle travaillait au CPE Carcajou dans l’est de Montréal. À titre d’assistante administrative, elle avait accès aux comptes en banque du centre de la petite enfance afin de s’occuper des payes et de l’achat de fournitures. 

Elle a alors profité de ces accès pour mettre en place un système de fausse facturation, qui lui a ultimement permis de détourner 199 000 $ dans son compte en banque. 

« Son conjoint de l’époque avait des problèmes de jeu et d’alcoolisme, elle devait se débrouiller par elle-même. Elle était en détresse psychologique », a expliqué son avocate, Rose-Marie Destroismaisons-Picard.

Pendant trois années

Le stratagème s’est étalé sur trois ans, jusqu’à ce que Lessard se fasse pincer, puis congédier. 

Ses problèmes ont alors commencé, puisqu’elle s’est fait poursuivre au civil par le CPE. 

En vertu d’une entente de remboursement, elle a cherché à obtenir une marge de crédit, pour ensuite vendre sa Toyota RAV4 Sport. Mais comme ce n’était pas assez, elle a dû vendre sa maison.

Lessard, qui travaille maintenant comme gestionnaire, s’est ensuite engagée à continuer le remboursement, qui devrait être terminé d’ici 10 ans.

« Le montant mensuel est prélevé directement sur sa paye », a expliqué son avocate, en assurant que sa cliente avait appris sa leçon.

Réhabilitation

Habituellement, ce genre de fraude mérite de la prison ferme, a souligné la juge Mélanie Hébert, mercredi. 

Or, Lessard est un cas particulier, puisque rapidement, la femme s’est mobilisée non seulement pour rembourser avant même d’être accusée, mais aussi parce que le processus de réhabilitation est bien enclenché.

Le procureur de la Couronne Me Jean-Christofe Ardeneus a d’ailleurs souligné que le CPE ne souhaitait pas que Lessard aille en prison, afin qu’elle continue de rembourser.

« Une personne différente »

En plus de la détention à domicile de deux ans moins un jour, Lessard devra effectuer 240 heures de travaux communautaires. Elle devra ensuite se soumettre à une probation de trois ans.

« Avec les années, on devient une personne différente », a assuré la coupable à la juge, avant de quitter la salle d’audience.