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Relancer l’indépendance pour relancer le Québec

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L’économie mondiale est à genoux. Les grandes banques flanchent l’une après l’autre. Partout autour du globe, les gouvernements renflouent à grands coups de milliards. Non, nous ne sommes pas en 2020. Nous sommes en 2009 et Ottawa vient de dépenser 10 milliards de dollars afin de relancer les chaînes de montage de l’industrie automobile ontarienne. Pour le bois d’œuvre du Québec et les milliers de familles qui en dépendent, Ottawa n’a envoyé que des miettes.

Voilà, en gros, ce qui nous guette à nouveau. Ottawa administre la part du lion des mesures de soutien à la population depuis le début de la pandémie et ne manque pas une occasion de s’en vanter, mais, lorsque le Canada dépense, il prend l’argent dans nos portefeuilles. Sa dette est aussi la nôtre. Nous allons payer la relance d’une économie qui ne nous sert pas et sur laquelle nous n’avons aucun contrôle. 

Comme l’argent des Québécoises et des Québécois aura servi à racheter le pipeline de Justin Trudeau, nous sommes involontairement impliqués dans la relance d’une industrie mortifère qui n’a aucune acceptabilité sociale au Québec: les pétrolières et gazières de l’Alberta, qui ont été parmi les premières à recevoir une grosse bouée de sauvetage d’Ottawa au printemps dernier. 

Ils sont moins généreux quand notre santé est en cause. Autant nous devons les ratés de notre système de santé au gouvernement Legault et au PLQ, autant le Québec dispose d’une fraction des ressources dont nous aurions besoin pour combattre la pandémie. À l’origine, les transferts fédéraux en santé devaient couvrir la moitié des dépenses de la RAMQ. Ils en couvrent actuellement moins de 23% et ça va encore diminuer dans les années à venir.

Alors que la crise menace les revenus de l’État québécois et notre capacité à financer nos services publics, la question s’impose: qu’avons-nous à gagner en confiant, bon an, mal an, 50 milliards de dollars à Ottawa?

Renouer avec le Québec d’aujourd’hui

Pendant des années, le Canada nous a fourni preuve après preuve de son mépris pour le Québec et nos choix de société. Pourtant, trop de Québécoises et de Québécois ont retenu que le camp souverainiste préférait se battre contre la diversité plutôt que se battre pour eux. Si le Québec d’après la pandémie a besoin de toute son indépendance, encore faut-il que notre mouvement renoue avec le Québec d’aujourd’hui.

Depuis 2016, je sillonne le Québec, d’Amos à Amqui, à la rencontre de la prochaine génération d’indépendantistes. Après plus de 50 conférences sur l’indépendance, en bonne partie sur les campus, la question qui revient toujours n’est ni le pourquoi ni le comment. Les jeunes veulent savoir si notre cause va faire avancer les causes qui les mobilisent.

Notre réponse ne doit laisser aucune place à l'ambiguïté. Nous, les indépendantistes, reconnaissons le racisme systémique, et cette reconnaissance est au cœur de la nouvelle entente que nous souhaitons conclure avec les Premières Nations. Nous allons nous battre pour tous nos concitoyens et renforcer, pas fragmenter, le sentiment d’appartenance collectif au Québec et à nos institutions. Parce que nous avons nos régions et nos collectivités à cœur, nous mettons la transition juste au cœur de l’économie de notre pays.

Nous, les indépendantistes, sommes en train de faire renaître le mouvement sans laisser personne derrière. Nous sommes déterminés à bâtir, au Québec, une société libre au service de l’humain et à laquelle tout le monde se sent appartenir à part entière.

Sol Zanetti, député solidaire de Jean-Lesage

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