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Débat civilisé sur fond d’attaques personnelles

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Donald Trump a raté jeudi sa chance de ronger sur l’avance de son rival dans les sondages, le démocrate Joe Biden, malgré un débat nettement moins chaotique que le précédent.

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« Trump et Biden ont été tous les deux meilleurs sur la forme que lors du premier affrontement, mais souvent évasifs », souligne Rafael Jacob, spécialiste de la politique américaine.  

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

Pour éviter la cacophonie du premier débat, les micros étaient coupés lorsque les candidats n’avaient pas la parole.

Cela a empêché le président américain de couper la parole comme au dernier débat à son adversaire ainsi qu’à la modératrice Kristen Welker, journaliste au réseau NBC, qu’il a accusée cette semaine d’être « une gauchiste démocrate endurcie » . 

« Trump aurait dû se comporter davantage comme ceci lors du premier débat », estime M. Jacob.  

  • Écoutez La rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:   

« Trump a eu une performance moins agressive que lors du premier débat, mais il a eu des réponses plus évasives, alors que Biden a explicité des plans plus détaillés », ajoute Andréanne Bissonnette, chercheure à la Chaire Raoul-Dandurand. 

Ce débat, télédiffusé à partir de Nashville, au Tennessee, était la dernière joute oratoire entre les candidats à la présidence avant que les électeurs se rendent aux urnes le 3 novembre.

Trump avait refusé un débat virtuel le 15 octobre, un format proposé en raison de son diagnostic positif au coronavirus.

Attaques personnelles

Les couteaux volaient bas jeudi. En tête dans les sondages d’environ neuf points de pourcentage, le démocrate de 77 ans a épinglé son rival âgé de 74 ans sur sa gestion de la pandémie.

« Quelqu’un qui est responsable d’autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des États-Unis d’Amérique », a dit Biden. 

Il a aussi critiqué Trump pour avoir « légitimé » la Corée du Nord en rencontrant Kim Jong-un, accusant le président d’être copain avec un « voyou ».

Trump a répondu en se moquant de Barack Obama, disant que Kim Jong-un ne voulait pas rencontrer l’ancien président parce qu’il ne l’aimait pas, en plus de revenir sur les liens supposés de son fils Hunter avec l’Ukraine.

La soirée tournait autour de six sujets, dont trois dans lesquels le bilan de Trump est vulnérable : le racisme, la COVID-19 et les changements climatiques.

Il serait surprenant que ce dernier débat ait un grand impact sur la difficile campagne Trump, croit Mme Bissonnette.

« Il y a un très faible pourcentage d’électeurs indécis présentement. Ça serait difficile pour lui de les convaincre. Et 47,5 millions d’Américains ont déjà envoyé leur bulletin de vote », explique-t-elle.