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Cette semaine, GM est de bonne Hummer!

Mais quel spectacle! Voilà les mots qui me venaient en tête en assistant au dévoilement virtuel de ce nouveau GMC Hummer EV.

Cette semaine, GM est de bonne Hummer!

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Mais quel spectacle! Voilà les mots qui me venaient en tête en assistant au dévoilement virtuel de ce nouveau GMC Hummer EV, qui donne pratiquement l’impression de pouvoir se rendre sur la lune par lui-même! D’ailleurs, l’animation au démarrage sur les multiples écrans de ce nouveau monstre illustre le Hummer à vol d’oiseau, en mouvement sur de la pierre lunaire...

Excusez donc en guise de titre ce jeu de mots un peu tiré par les cheveux, mais il est clair qu’un immense party virtuel s’est déroulé chez GM à la suite du dévoilement de ce Hummer. Un succès fulgurant, ce qui a d’ailleurs contribué à une vente quasi instantanée de toute la production des modèles millésimés 2022, destinés au marché américain. Il n’a fallu que 8 minutes et 35 secondes pour écouler l’ensemble de ces véhicules, dont les premières éditions affichent un prix en dollar US de 112 595 $. 

Hélas, le Canada sera privé pour la première année de cette camionnette 100% électrique, GM favorisant sans surprise son propre marché, plus lucratif. Il faut dire que le Hummer en met plein la vue, annonçant 1 000 chevaux de puissance, 11 500 lb-pi de couple aux roues, ainsi qu’un angle d’approche de 49,7 degrés. Pneus de 35 pouces, suspension pneumatique, quatre roues directionnelles avec fonction CrabWalk, ainsi qu’un système permettant d’observer en mouvement le soubassement du véhicule seront aussi offerts, faisant de lui un véritable baroudeur. Parallèlement, GM affirme qu’il serait possible de recharger le véhicule pour obtenir 160 kilomètres d’autonomie en dix minutes à peine, l’autonomie totale étant de 560 kilomètres. Franchement impressionnant.

Faire oublier l'image

Ce nouveau GMC Hummer en met tellement plein la vue qu’il permet en quelque sorte de faire oublier son ancêtre, le Hummer H2. On se souviendra que GM avait à l’époque donné naissance à cette marque dans l’optique de commercialiser les versions civiles des AM General Humvee, à vocation militaire. Puis, quelques années plus tard, GM développait le H2, sur bases de Chevrolet Suburban.

Autant les ventes allaient être fulgurantes au cours des premières années, autant elles ont dramatiquement chuté en 2006, alors que le prix du baril de pétrole montait en flèche. S’en est pratiquement suivie une campagne de salissage face à la marque Hummer, symbole soudain du gros véhicule polluant et du je-m’en-foutisme à l’américaine. Tout comme Pontiac, Saab et Saturn, la division Hummer allait passer dans le couperet de GM en 2009.

En 2010, les rumeurs de la vente de Hummer à la société chinoise Tengzhong allaient bon train. Or, celle-ci ne s’est jamais concrétisée. Puis, dix ans plus tard, GM annonçait la relance du Hummer, cette fois en tant que modèle, sous la division GMC. À ce moment, le développement de cette grosse camionnette n’était encore qu’une idée. Réalisant l’engouement suite à l’annonce de ce retour, l’équipe d’ingénieurs qui achevait le développement de la récente Corvette allait se concentrer sur celui du véhicule qui nous a été dévoilé, il n’y a que quelques jours.

À peine 18 mois ont été nécessaires au développement du nouveau GMC Hummer, qui repose sur la plateforme T1, aussi utilisée pour l’ensemble des camionnettes et VUS pleine grandeur du constructeur. Un véritable tour de force, bien que plusieurs étapes de peaufinement avant son arrivée en concession, soient encore à venir.

Coup de pouce pour GMC

Si la marque GMC se porte très bien au Canada, les ventes américaines en proportion de celles des camions Chevrolet sont beaucoup plus faibles. Un problème qui perdure depuis trop longtemps, au point où les raisons de sa survie étaient parfois difficiles à justifier.

Jusqu’ici, GMC ne se contentait en effet que de cloner des modèles Chevrolet, non pas sans certaines variations esthétiques (Chevrolet Equinox/GMC Terrain). Puis, admettons-le, le succès engendré depuis plusieurs années avec les déclinaisons Denali des différents modèles a permis d’apporter de l’eau au moulin. Or, en greffant au catalogue GMC un produit qui n’a guère d’équivalent chez Chevrolet, General Motors y va d’une excellente décision stratégique. On peut donc deviner par cette approche que GMC est en voie de cibler plus efficacement la marque Jeep, voire même les différents Bronco, avec des produits futurs plus distincts des Chevrolet.

Cela dit, difficile de ne pas remercier Tesla, qui a certainement incité GM à se lancer dans l’aventure. En effet, sans le gigantesque tapage médiatique causé par le Cybertruck, le Hummer n’aurait probablement pas vu le jour. Du moins, sous cette forme.

Encore une fois, Elon Musk réussit donc son pari. Celui d’inciter les constructeurs automobiles à se tourner vers l’électrification en prouvant qu’il est possible de connaître un grand succès avec de tels véhicules. Et parce que l’orgueil des trois grands constructeurs nord-américains en prend pour son rhume à la vue du succès de Tesla, ceux-ci ouvrent les vannes afin de ne pas crouler sous les échecs dans cette industrie qu’ils dominent depuis plus de cent ans.