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L’appel de Legault à accroître le télétravail va faire mal à Montréal

Le centre-ville, déjà très fortement affecté, sera la première victime

Roger Azuelos,
Photo Julien McEvoy Roger Azuelos, propriétaire de la boutique Emmanuel, sur la rue Sainte-Catherine, survit présentement grâce à ses économies.

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Déjà aux prises avec une importante baisse d’achalandage, les commerces du centre-ville de la métropole ne sont pas au bout de leurs peines, si on se fie au premier ministre Legault et à un rapport publié jeudi. 

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« Tous ceux qui sont capables de faire du télétravail doivent [le] faire, disait François Legault, jeudi. Il faudrait qu’il y ait encore plus [de gens] qui [le] fassent, parce que les lieux de travail sont des endroits où il y a des infections. »

« Je sais que la Chambre de commerce de Montréal ne m’aimera pas quand je dis ça, parce que les commerces dans les centres-villes souffrent beaucoup », ajoutait le premier ministre.

Cet appel de Québec a surpris Michel Leblanc, PDG de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain (CCMM). « M. Legault doit avoir de l’information que nous n’avons pas, lance-t-il en entrevue avec Le Journal. On doit être certain que le gouvernement prend des décisions basées sur des données. »

C’est que la CCMM avait reçu un autre message de la part de Mylène Drouin, directrice de santé publique de Montréal, lors d’une causerie, le 13 octobre. « La réponse était très claire : il n’y avait pas d’éclosions dans les tours de bureaux. On visait le retour de 25 % des travailleurs », ajoute M. Leblanc. 

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Une tendance là pour rester

Un rapport publié jeudi par l’Institut de développement urbain (IDU) tend par ailleurs à montrer que le télétravail est là pour de bon. 

« La statistique que je trouve la plus importante, c’est que 75 % des gens souhaitent maintenant passer au moins la moitié de leur semaine en télétravail, pandémie ou non », indique le PDG de l’IDU, Jean-Marc Fournier.  

Il s’agit d’une « véritable révolution » qui laissera des traces, note l’ex-lieutenant de Jean Charest, qui fait remarquer que les travailleurs comptent pour « 30 % de la vie économique du centre-ville ». 

« Il faudra bien mesurer cette conséquence et essayer de s’adapter avant qu’on soit forcé de s’adapter », laisse-t-il tomber. 

La mairesse Plante annonçait d’ailleurs, jeudi, que les stationnements tarifés seraient gratuits les soirs et les week-ends du 14 novembre au 31 décembre, une mesure évaluée à 1,7 million de dollars qui vise à venir en aide aux commerçants.

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« C’est vraiment mort »

Mesures ou non, « c’est vraiment, vraiment mort » rue Sainte-Catherine, note Roger Azuelos, propriétaire de la boutique Emmanuel. 

« Ils annoncent des mesures, j’entends ça à longueur de journée, mais il n’y a personne qui circule ici », assure l’entrepreneur. 

Son chiffre d’affaires a baissé de 90 % de mars à mai. Et depuis la deuxième vague, « c’est pire que c’était ». 

« J’aime bien être positif, mais si personne ne vient me voir, qu’est-ce que je peux faire ? » demande-t-il.