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Repêchage d’expansion 2021: de quoi inspirer le Kraken

En 2017, George McPhee a réécrit l’art de bâtir une équipe d’expansion

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Photo d'archives, AFP En juin 2017, des joueurs des Golden Knights de Vegas dont Marc-André Fleury (à gauche) avaient eu un premier contact avec les amateurs de hockey de la capitale du jeu. Au bas, Ron Francis, le grand manitou du Kraken de Seattle.

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Dans huit mois, le Kraken de Seattle donnera ses premiers signes de vie grâce au repêchage d’expansion. Après les succès fulgurants qu’ont connus les Golden Knights de Vegas depuis leur entrée dans la LNH, Marc Bergevin et ses homologues devront se montrer beaucoup plus vigilants face à ce nouveau compétiteur.

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En juin 2017, George McPhee avait fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour assembler la première mouture des Golden Knights. Bien sûr, la LNH avait mis en place une réglementation beaucoup plus favorable que celle en vigueur lors des élargissements de cadre précédents. 

Après tout, au prix que vaut une concession dans la LNH de nos jours, le propriétaire d’une nouvelle équipe est en droit de s’attendre à pouvoir être compétitif rapidement. Mais de là à atteindre la finale de la coupe Stanley dès sa première saison dans le circuit, il ne faudrait pas trop en demander.

McPhee, donc, avait eu du flair. S’il s’était contenté de choisir un joueur dans chacune des 30 autres équipes, les Golden Knights n’auraient pas connu un aussi bon départ. Sans compter qu’il s’est servi de quelques-unes des cartes qu’il avait dans son jeu pour préparer l’avenir du club.

En fait, McPhee est sorti de ce repêchage avec 37 joueurs et 10 choix de repêchages supplémentaires, dont deux de 1er tour et deux de 2e tour. De ces 37 joueurs, il en a échangé quatre dans les jours suivants, dont Alexei Emelin (et David Schlemko, qu’il avait refilé au Canadien), en retour d’autant de sélections.

De la suite dans les idées

McPhee et son groupe avaient bien fait leurs devoirs en étudiant soigneusement la liste de joueurs laissés sans protection par chacune des autres équipes. Ils avaient réussi à identifier qui était pris dans une hiérarchie ou qui n’attendait qu’une occasion pour éclore. 

C’est ainsi qu’il a réclamé les Marc-André Fleury (à qui les Penguins avaient préféré Matt Murray), William Karlsson (qui n’avait jamais récolté plus de 25 points) et Jonathan Marchessault (il venait de connaître une saison de 30 buts). 

Erik Haula, Colin Miller et Nate Schmidt, trois joueurs qui ont profité de leur arrivée à Vegas pour doubler leur production, ont également pris le chemin de la capitale du jeu.

Ils avaient également mis le doigt sur ce qui pouvait poser problème à chacune des équipes.

Par exemple, les Islanders avaient choisi de protéger cinq défenseurs, laissant sans protection les prometteurs Brock Nelson, Josh Bailey, Ryan Strome et Calvin de Haan, ce dernier étant lui-même un défenseur. 

Pour éviter que McPhee ne pige dans cette banque, les Islanders ont envoyé aux Knights leur choix de 1er tour en 2017, leur choix de 2e tour en 2019 ainsi que Mikhail Grabovski et l’espoir Jake Bischoff.

McPhee a également profité de l’occasion pour soulager ses nouveaux amis de quelques souffrances.

Dans un premier lieu, il a acquis de Columbus David Clarkson, dont les blessures le rendaient inapte à jouer, et son fardeau de 5,25 M$. En guise de dédommagement les Blue Jackets ont également donné aux Knights leur choix de 1er tour en 2017 et leur choix de 2e tour en 2019.

La situation fut identique avec Clayton Stoner des Ducks. Les Knights ont accepté de les accommoder en le réclamant au repêchage d’expansion à condition que les Ducks leur envoient le jeune Shea Theodore.

Profiter des gourmands

À n’en point douter, Ron Francis et son groupe ont attentivement lu le livre de recettes de McPhee 

Après la razzia que les Knights ont faite et leur présence à la finale de la coupe Stanley dès leur première saison, les homologues de Francis seront plus sur leurs gardes. Il n’y aura peut-être pas autant de transactions en parallèle ou d’ententes conditionnelles de conclues. 

Cependant, avec le plafond salarial gelé, des directeurs généraux étranglés par celui-ci devront peut-être laisser partir de gros morceaux. C’est là que Francis aura le beau jeu pour accommoder ceux qui auront été trop gourmands. 

En retour, bien sûr, d’une compensation intéressante. 

Les mêmes règlements 

Les règlements sur repêchage d’expansion seront les mêmes que ceux qui avaient régi celui des Golden Knights, en juin 2017. 

  • Ron Francis, le directeur général du Kraken, choisira un joueur dans chacune des autres formations, à l’exception de Vegas. Ce total de 30 joueurs devra être réparti, au minimum, de la façon suivante (14 attaquants, 9 défenseurs, 3 gardiens). 
  • Un minimum de 20 joueurs devra être sous contrat pour la saison 2021-2022. Il sera interdit pour le Kraken de racheter le contrat d’un joueur avant l’été suivant sa première saison.  
  • À moins qu’il n’accepte de la retirer, un joueur qui possède une clause de non-mouvement valide au moment du repêchage est automatiquement inscrit sur la liste de protection de son équipe.  

(Chez le Canadien, Carey Price, Jeff Petry et Brendan Gallagher seront automatiquement protégés en vertu de cette clause.) 

  • Tous les joueurs de première et de deuxième année et les choix de repêchage toujours sans contrat ne peuvent être rendus admissibles pour le Kraken.  

(Chez le Canadien, cette règle s’applique, entre autres, à Nick Suzuki, Ryan Poehling, Alex Belzile, Alexander Romanov, Josh Brook, Cayden Primeau.) 

  • De plus, chaque équipe devra rendre disponibles au moins deux attaquants et un défenseur sous contrat pour la saison 2021-2022, qui auront disputé au moins 40 matchs en 2020-2021 ou un total d’au moins 70 rencontres lors des campagnes 2019-2020 et 2020-2021.   

(Évidemment, puisque la campagne 2019-2020 s’est conclue avant la fin et que la prochaine risque d’être grandement amputée, on peut présager que la LNH apportera une modification à ce critère.) 

  • Dans le cas des gardiens, chaque équipe doit soumettre le nom d’au moins un gardien sous contrat pour la saison 2021-2022. Un gardien qui obtiendra le statut de joueur autonome avec compensation au terme de cet hiver 2021-2022 pourra également être admissible. Dans ce dernier cas, l’équipe devra d’abord lui soumettre une offre qualificative.  

(Par exemple, pour rendre Michael McNiven disponible, le Canadien devra lui soumettre une offre qualificative avant le repêchage d’expansion.) 

  • Un joueur souffrant d’une blessure pouvant mettre fin à sa carrière, qui a raté les 60 derniers matchs de son équipe ne peut être utilisé pour satisfaire au nombre de joueurs requis sur la liste de disponibilité.