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Secret du troisième lien

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Le ministre des Transports, François Bonnardel, a fourni un autre bel exemple, hier, du fait que le principe du « deux poids, deux mesures » s’applique lorsqu’il est question du réseau de tramway de Québec versus le troisième lien.

Le ministre François Bonnardel a en effet déclaré hier qu’il n’entendait pas dévoiler les coûts estimés, mais plutôt une « fourchette » de coûts, afin de ne pas nuire aux futurs appels d’offres, et ce, en vertu de la politique des grands projets d’infrastructure du gouvernement.

On comprend qu’il ne faut pas s’attendre à des chiffres précis. Une fourchette, ça peut être bien large.

En dépit de ce manque de transparence — on n’a toujours pas d’étude d’achalandage non plus pour le troisième lien entre les deux centres-villes —, le gouvernement a promis depuis longtemps qu’il irait de l’avant.

Dire que le mois dernier, la ministre responsable de la région de Québec, Geneviève Guilbault, prônait la patience afin de « s’assurer que le projet est prêt à être annoncé, qu’on aura les réponses aux questions et que ça aura de l’allure [...] Mieux vaut attendre un petit peu plus longtemps et que tout soit prêt et complet. » 

Il semble que malgré toute la patience voulue, les réponses seront encore très incomplètes. Jusqu’à quand devra-t-on attendre pour avoir l’heure juste ? Que la première pelletée de terre, promise d’ici l’élection de 2022, soit effectuée ?

Rigueur variable 

À l’autre bout du spectre, le gouvernement Legault fait du respect du budget de 3,3 milliards du tramway de Québec une condition sine qua non pour maintenir le financement de 1,8 milliard.

La ministre Guilbault l’a d’ailleurs dit et répété à moult occasions à la fin de l’été. 

Nul ne s’est inquiété non plus lorsque les commissaires du BAPE ont réclamé et obtenu les chiffres du dossier d’affaires du tramway.

Le bureau de projet refusait justement de les fournir afin d’éviter de nuire au processus d’appel d’offres. 

Le projet de réseau structurant est pourtant lui aussi assujetti à la politique des grands projets d’infrastructures du gouvernement du Québec.

Le gouvernement dit vouloir faire preuve de rigueur concernant le tramway. C’est bien, mais le principe devrait aussi s’appliquer au troisième lien.