/weekend
Navigation

Une Migration très personnelle

Quebec
Photo Stevens Leblanc L’album Migration est présentement sur le marché.

Coup d'oeil sur cet article

On les a connus il y a deux ans, au son de leur EP 1995. Mais les jumeaux Simon et Henri Kinkead se présentent aujourd’hui formellement, sans détour ni tabou, avec leur premier album Migration.

Cette fois-ci, leur pop se déleste de son enrobage folk pour dévoiler leur vraie nature, allant chercher de nouvelles couleurs dans le disco et le néo-soul. L’essence singulière de Kinkead est toutefois demeurée pratiquement intacte, bien reconnaissable à travers l’écriture des frères. 

Mais cette fois-ci, les frangins creusent davantage, allant atteindre des sujets beaucoup plus personnels qu’à l’époque de leur premier EP. Simon et Henri Kinkead abordent ainsi – sans détour ni demi-teinte – leurs identités sexuelles respectives, soit bisexuel et queer. 

Fiers et assumés

Risqué de jouer cartes sur table ainsi, dès le premier album ? Peut-être. Mais pour le duo, il n’était pas question de refermer la porte de la garde-robe. Libérée de ses gonds, plus jamais elle ne les brimera.  

« Le processus d’écriture s’est amorcé au moment où on apprenait à définir notre identité. Et je suis vraiment fier qu’on aborde ça de front comme on l’a fait. Je suis convaincu que la très grande majorité des gens, disons 95 % d’entre eux, vont bien le recevoir », avance Simon Kinkead. 

« On ne s’est jamais posé de question à savoir si on en parlait ou pas. On ne voulait pas non plus le glisser subtilement, puis nous taire à ce sujet. C’est important pour nous de le faire, et de s’afficher fièrement. De toute façon, je ne veux plus jamais avoir à cacher qui je suis », renchérit son frère, Henri. 

Les jumeaux Kinkead avouent avoir bon espoir que, dans un avenir plus ou moins rapproché, l’identité sexuelle d’un artiste n’aura aucune incidence, que ce soit sur sa carrière ou son public. Mais comme ce jour n’est pas encore arrivé, ils sont prêts à joindre leur voix à cette discussion afin de faire tomber les préjugés ou, à tout le moins, enrayer la marginalisation. 

« Si ça nous permet de véhiculer un message qui ira rejoindre des gens qui ont vécu des trucs semblables, alors tant mieux », conclut Simon Kinkead.