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Gaspésie: des autochtones bloquent à nouveau la voie ferrée

Gaspésie: des autochtones bloquent à nouveau la voie ferrée
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES

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Un petit groupe de Micmacs de Listuguj bloque la voie ferrée depuis 10 heures lundi en appui aux pêcheurs autochtones en Nouvelle-Écosse et en lien avec un nouveau conflit à Caledonia, en Ontario.

La Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG), qui opère les trains entre Gaspé et Matapédia sur la voie qui appartient au gouvernement du Québec, estime être prise en otage par ce groupe.

Les autochtones agiraient en appui aux pêcheurs de homard autochtones de la Nouvelle-Écosse. Depuis un mois, les tensions sont vives avec les pêcheurs blancs alors que les Nations micmaque et malécite ont lancé leur saison dans la baie Sainte-Marie, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, en vertu de leur droit de mener une pêche de «subsistance convenable». Ce geste a provoqué la colère des pêcheurs commerciaux puisque leur saison ne commence qu’en novembre et que les captures sont en baisse depuis 2016.

Diverses échauffourées et actes de vandalisme ont marqué les dernières semaines et les tensions ont culminé avec l'incendie d'un entrepôt faisant affaire avec les homardiers autochtones à West Pubnico.

Le barrage à Listuguj viserait aussi à appuyer les autochtones de Six Nations, en Ontario, qui ont dressé une barricade contre un projet de construction résidentielle sur des terres ancestrales dans la région de Caledonia, menant à des confrontations avec la police. Un juge avait accordé une injonction permanente contre les autochtones en faveur d’un promoteur immobilier.

«On comprend que ça ne vient pas du conseil de bande. On ne sait pas trop comment ils sont structurés. Leurs revendications ne sont pas claires. Ce n’est pas une bonne nouvelle aujourd’hui», a déclaré le président de la société, Éric Dubé, qui a informé le gouvernement du Québec.

  • Écoutez l’entrevue du juriste et analyste en affaires autochtones Alexis Wawanoloath à QUB radio

Des impacts majeurs pour la SCFG

Avec ce deuxième blocus après celui de l’hiver dernier qui a fait mal à la société, M. Dubé est inquiet. «Ça devient difficile après ça de dire qu’on est un système de transport fiable», a lancé M. Dubé qui craint maintenant de voir ses principaux clients – l’usine de pales LM Wind Power de Gaspé, la scierie Temrex de Nouvelle et Ciment McInnis de Port-Daniel-Gascons – déserter le rail gaspésien.

«C’est toujours un risque. Ça nous inquiète», a-t-il reconnu.

L’hiver dernier, une poignée de Micmacs de Listuguj avait posé le même geste en appui à la communauté Wet’suwet’en en Colombie-Britannique, qui s’opposait au tracé du projet de gazoduc Coastal GasLink sur leurs terres ancestrales.

Ce blocus avait plombé les finances de l’entreprise avec une perte des revenus de 350 000 $. En ajoutant le conflit de travail au Canadien National de l’automne 2019 et la première vague de la pandémie de la COVID-19 au printemps, la SCFG avait perdu un demi-million $ dans son dernier exercice financier terminé le 30 avril.