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L’Autriche, terre d’accueil parfaite pour William Pelletier

Après une saison éprouvante, William Pelletier a fait le bon choix en s’exilant en Europe

William Pelletier et son amoureuse
Brieanne Marcoux profitent de leur
séjour en Autriche pour visiter le pays
lors des journées de congé 
du hockeyeur.
Photo courtoisie William Pelletier et son amoureuse Brieanne Marcoux profitent de leur séjour en Autriche pour visiter le pays lors des journées de congé du hockeyeur.

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Après une saison 2019-2020 marquée par deux commotions cérébrales qui lui ont fait craindre le pire dans l’uniforme du Rocket de Laval, William Pelletier a trouvé l’équilibre parfait en Autriche, où il évolue dans la meilleure ligue professionnelle du pays (ICEHL) avec les Black Wings de Linz en pleine pandémie.  

Ce sentiment de bien-être contraste avec la dernière saison, qui a été tout sauf un long fleuve tranquille pour l’attaquant de 27 ans de Saint-Jean-Chrysostome, près de Québec.

Tenu à l’écart pendant la première moitié de la campagne à la suite d’une commotion, Pelletier s’était blessé de nouveau à la tête trois matchs seulement après son retour, le 28 décembre. À ce moment, le hockey était bien loin dans ses priorités.

«Mentalement, j’avais peur de me faire refrapper ou de subir une grosse mise en échec. Je n’étais pas le même joueur. À la deuxième commotion que j’ai eue, je me suis retrouvé dans un état d’esprit que je ne n’avais jamais connu et j’ai quand même eu peur. J’ai fait peur à ma femme, qui était venue me rejoindre. Ça fait 11 ans qu’on est ensemble et c’était la première fois qu’elle me voyait comme ça», raconte-t-il dans un généreux entretien avec Le Journal.

Il lui a fallu plus de deux mois à Pelletier pour s’en remettre. À travers son processus de réadaptation, il a été invité à retrouver ses moyens dans la ECHL, mais la pandémie est venue freiner ses ardeurs et il a dû se contenter d’à peine trois autres parties dans la Ligue américaine lorsque le club-école du Canadien a refait appel à ses services. Une année à oublier sur toute la ligne.

«Présentement, je suis en pleine forme. J’ai justement pris le temps, avec la COVID après la saison, pour me reposer mentalement parce que ça a été une année assez difficile. Ça a été bon pour moi la petite pause qu’on a eue [...] Disons que si on prend ma dernière année avec tout ce qui s’est passé et l’adaptation qui a été nécessaire avec la grande glace ici, je suis satisfait pour l’instant», soutient Pelletier, qui s’est entrainé pendant l’été sous la supervision de Jean-Philippe Côté, de Fast Hockey
Project et du Lightning de Tampa Bay.

Choix naturel

Jamais repêché, William Pelletier avait abouti avec la filiale des Blackhawks de Chicago dans la Ligue américaine en mars 2017 après avoir remporté le titre national en conclusion de son parcours universitaire avec l’Université Norwich, en division 3 de la NCAA.

Au bout de deux saisons complètes avec les IceHogs de Rockford et de son année éprouvante à Laval, le natif de la Rive-Sud de Québec a choisi d’emprunter une avenue qui lui était conseillée depuis un certain moment en signant un contrat avec l’équipe de Linz, une ville du nord-ouest de l’Autriche.

«Avec la saison que j’ai eue l’année passée et avec ce qui se passait avec la COVID, avec l’incertitude de la prochaine saison [en Amérique du Nord], je savais que ce serait difficile de retourner dans la Ligue américaine.

«De plus, ça faisait longtemps que je me faisais dire que mon style de jeu était plus attrayant pour les équipes en Europe, avec les glaces plus grandes. Plusieurs personnes qui ont vécu l’expérience me disaient que je devrais partir. Je suis ici avec ma conjointe qui est enceinte», a confié le petit patineur de 5 pi 7 po qui revendique trois buts et trois aides en six rencontres. 

Pelletier est tombé instantanément sous le charme de sa nouvelle vie.

«C’est une belle expérience qu’on vit, ma blonde et moi. On revient d’un long week-end et on est allé à Vienne [la capitale]. On a le temps de voyager et d’en profiter. Le style de vie est vraiment incroyable et j’aime ça. Après les entraînements, on se promène en ville, on va boire un café. C’est un peu plus allégé. Même sur la glace, tu as une certaine pression de produire comme étranger, mais il y a moins de stress», explique-t-il. 

Foule énergique

Si Montréal détient le statut non officiel de Mecque du hockey, les partisans européens ne s’en laissent pas imposer avec leur exubérance lorsqu’ils encouragent leur club local. Malgré la pandémie qui continue de faire rage, Pelletier peut témoigner de la ferveur des amateurs puisqu’ils sont admis à l’intérieur des arénas en nombre limité.

«Il y a un maximum de 1500 par match et les fans doivent porter le masque en tout temps. C’est la même chose pour nous [les joueurs], sauf quand on est sur la glace. Quand je suis arrivé à mon premier match, c’était à guichets fermés avec le maximum permis, et avec les tambours et les cris, ça m’a tout de suite donné des frissons. Après le match, j’en parlais et on me disait que ça paraissait que je n’avais pas joué devant 5000 spectateurs en Europe!» 

Une équipe à saveur québécoise  

William Pelletier se sent presque chez lui dans le vestiaire des Black Wings de Linz, où il forme un quatuor de Québécois avec trois autres compatriotes.

William Pelletier et son amoureuse
Brieanne Marcoux profitent de leur
séjour en Autriche pour visiter le pays
lors des journées de congé 
du hockeyeur.
Photo courtoisie

Quelques semaines avant que Pelletier ne s’engage officiellement avec la formation autrichienne, l’ancien capitaine des Voltigeurs de Drummondville Charles-David Beaudoin avait fait de même après trois saisons dans les circuits mineurs nord-américains.

Pelletier et Beaudoin peuvent compter sur l’appui de Sébastien Piché et Marc-André Dorion, deux défenseurs qui ont fait le saut sur le Vieux Continent il y a déjà plusieurs années.

«Avant de signer, j’avais parlé avec Beaudoin. J’ai joué contre lui pendant deux ou trois ans dans la Ligue américaine et on ne s’aimait vraiment pas sur la glace! Je lui ai demandé des détails, et avec Sébastien et Marc-André, c’est pas mal plus facile quand on est entourés de gars d’expérience», a reconnu l’attaquant.

Entraîneur francophone

Et le français ne s’invite pas seulement qu’avec les quatre joueurs. Les Black Wings sont dirigés par le Franco-Ontarien Pierre Beaulieu, qui roule sa bosse en Europe depuis 2010, selon EliteProspects.

Natif de Timmins, Beaulieu en est à sa première année comme entraîneur-chef de l’équipe après avoir fini la précédente campagne comme pilote des Pinguine de Krefeld, dans la Ligue allemande (DEL). Il est un ancien gardien de l’Université Ryerson de Toronto.

«Ça aide à l’intégration et j’ai une super bonne relation avec lui. Il a appelé d’anciens joueurs en référence et les références que je lui ai données n’avaient que de bons commentaires par rapport à moi sur la glace et en dehors de la glace. Et le fait qu’il parle français, c’est un peu plus facile d’avoir des conversations», a avoué Pelletier.