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Le mot qu’il faut oser prononcer

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Ce mot ne débute pas par la lettre N, mais plutôt par P: « privilège ». Quand on est privilégié, on a tendance à oublier d’écouter.

Cette semaine, beaucoup d’encre a coulé, des personnes se sont prononcées à la pelletée dans l’espace public et des pétitions ont circulé suite à la controverse sur le mot en N à l’Université d’Ottawa.

Des gens issus de la majorité blanche ont tôt fait de se lancer dans le débat. Ils ont défendu la liberté d’expression dans un contexte académique, ils ont statué sur ce que représente une micro-agression, même s’ils n’en ont jamais vécue. Les voix des personnes principalement concernées par ce débat ont été enterrées par tout ce brouhaha.

Lorsqu’on ne subit pas le racisme, on est avantagés dans la société. Même si on ne s’en rend pas compte, cette position privilégiée teinte notre lecture d’une situation.

Les minorités s’expriment, mais est-ce qu’on les écoute ?

Écouter avant de s’indigner

Les Blancs semblent considérer qu’ils peuvent se prononcer, sans nécessairement avoir compris en quoi l’utilisation du mot en N peut être blessante.

Pour cette question sensible, ne vaudrait-il pas mieux éviter de donner son avis impulsivement, lorsqu’on fait partie des privilégiés ?

La première chose à faire, c’est d’écouter celles et ceux qui se disent blessés. Dans ce genre de débat, l’écoute apporte plusieurs bienfaits:

  • Elle accorde de la valeur aux traumatismes vécus par les personnes opprimées.
  • Elle leur permet de se sentir entendues sur les sujets qui les concernent et d’être respectées dans leur vécu.
  • Elle instaure un contexte favorable à l’échange, de sorte que les gens avantagés par la société puissent développer la capacité de se mettre à la place de l’autre sans se braquer.

Il faut d’abord tendre l’oreille pour être en mesure de tendre la main aux gens dont la voix est souvent étouffée par les privilégiés.