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Tsunami d’insolvabilité: des experts craignent le pire après la deuxième vague

Le secteur de la restauration est de loin le plus touché. Des établissements affiliés à des chaînes comme Pacini, Houston Avenue Bar & Grill et Bâton Rouge ont dû faire appel à un syndic.
Photo d'archives, Martin Alarie Le secteur de la restauration est de loin le plus touché. Des établissements affiliés à des chaînes comme Pacini, Houston Avenue Bar & Grill et Bâton Rouge ont dû faire appel à un syndic.

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Près de 820 dossiers d’insolvabilité d’entreprises ont été traités au Québec depuis mars. La construction et la restauration étant les secteurs les plus touchés. Le premier confinement s’est traduit par des centaines de milliers de pertes d’emplois. La pandémie laissera assurément des cicatrices. 

Selon des données de la firme GDL Crédit Ressource Québec fournies au Journal, depuis le 17 mars, 153 compagnies dans le secteur de la restauration ont été contraintes de faire appel à un syndic, soit pour faire faillite, déposer un avis de proposition ou faire une proposition à leurs créanciers.  

Du lot se détachent plusieurs restaurants indépendants et aussi des établissements affiliés à des chaînes comme Houston Avenue Bar & Grill, Bâton Rouge et Pacini.   

Avec la fermeture des salles à manger dans les zones rouges cet automne, l’industrie craint maintenant que cette liste s’allonge de nouveau.   

D’ailleurs, la semaine dernière, dans une lettre adressée au premier ministre du Québec, François Legault, des restaurateurs «épuisés» et «anxieux» ont demandé au gouvernement d’accepter la réouverture des salles à manger.  

Selon le président de Teamsters Canada, il est difficile de mesurer l’impact qu’aura la 2e vague, notamment en raison de l’incertitude entourant la progression du virus, au cours des prochaines semaines. Il concède toutefois que certaines industries souffriront davantage.  

La construction très affectée 

«L’ampleur de la deuxième vague reste à déterminer. L’ampleur de l’aide aux entreprises reste aussi à déterminer. Il y a des secteurs où ça sera extrêmement difficile, comme l’hôtellerie, la restauration et l’industrie cinématographique», a souligné François Laporte.   

Récemment, des syndics, comme LeBlond et Associés, ont indiqué au Journal que le pire pour les faillites des compagnies pourrait être à venir lorsque les gouvernements mettront un terme aux aides financières.   

Il faut dire qu’actuellement, le nombre de dossiers d’insolvabilité est en baisse d’environ 40 % au Québec. Une situation que les experts justifient par les nombreux soutiens financiers offerts pour traverser la crise.   

Par ailleurs, plusieurs entreprises dans le secteur de la construction ont également été contraintes de fermer ou de présenter une proposition à leurs créanciers depuis mars dernier. Selon GDL Crédit Ressource, 107 dossiers d’insolvabilité ont été traités pour cette industrie. 

Le secteur du commerce de détail au Québec a aussi enregistré son lot de mauvaises nouvelles. Vendredi dernier, le détaillant Le Château a annoncé la liquidation de ses actifs. Environ 1400 salariés seront touchés par la disparition de cette bannière.   

Aldo, Reitmans, SAIL (Sail et Sportium), DavidsTea, Coalision (Lolë), Tristan, les Entreprises Vagabond (Hangar-29 et Studio), Ernest, Groupe Dynamite, Vincent d’Amérique, Bestsellers (Jack & Jones et Vero Moda), Modasuite (Frank and Oak) ont également dû entamer une restructuration.     

Récemment, l’Institut de la statistique du Québec mentionnait dans un rapport que la pandémie avait provoqué la perte de 820 500 emplois au Québec, entre février et avril.  

Avant le reconfinement partiel dans certaines régions, le Québec était toutefois en voie de rattraper son retard. En février, la province comptait 4 384 500 emplois, alors qu’en septembre elle en dénombrait 4 270 900. 

Avec la collaboration de Francis Halin et de l’Agence QMI 

Dossiers d’insolvabilité   

  • Restauration : 153    
  • Construction - entrepreneurs spécialisés : 107    
  • Services (bronzage, nettoyeurs, entretien, pose d’ongles) : 64    
  • Commerce de détail d’aliments : 59    
  • Services aux entreprises (avocats, informatique, publicité) : 53    
  • Industrie du vêtement (magasins - manufacturiers) : 52    
  • Commerce de détail (articles de sports - import-export- meubles) : 51    
  • Services immobiliers : 47    
  • Transport : 47    
  • Services d’enseignement, services sociaux (cliniques, dentistes, gym, garderies ) : 45    
  • Services de divertissements : 42    
  • Commerce de gros (ferraille, céramique, béton, luminaires) : 38    
  • Commerce de détail automobile : 25    
  • Industrie du bois, métaux : 16    
  • Minier, foresterie, agriculture : 12    
  • Hôtellerie : 8       

Total: 819

Source: GDL Crédit Ressource