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L’Apollo enfin revendu

Un ferrailleur des Maritimes achète le navire

La compagnie du Nouveau-Brunswick Dalhousie Marine Recyclers versera la somme symbolique de 1 $ pour acheter le navire Apollo.
Photo d'archives, Stevens Leblanc La compagnie du Nouveau-Brunswick Dalhousie Marine Recyclers versera la somme symbolique de 1 $ pour acheter le navire Apollo.

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Un ferrailleur des Maritimes s’est finalement engagé à reprendre l’ancien traversier Apollo, un rafiot qui menaçait de sombrer dans le port de Québec, faute de pouvoir être coulé et transformé en récif artificiel.

La compagnie du Nouveau-Brunswick Dalhousie Marine Recyclers versera la somme symbolique de 1 $ pour acheter le navire qui devait sombrer dans la baie de Godbout. La transaction a été conclue par la Société Apollo, lundi.

L’entente entre les deux groupes prévoit que la Société Apollo assume une partie des frais pour le remorquage. Le traversier doit quitter les installations du Groupe Océan, à Québec, avant le 2 novembre.

Explosion des coûts

Au cours des derniers jours, le projet de transformer le navire en récif artificiel avait été abandonné en raison de l’explosion des coûts associée à la découverte d’amiante.

Selon des estimations, environ 4 millions $ étaient encore nécessaires pour terminer l’ensemble du chantier.

François Bonnardel.
Ministre des
Transports
Photo Didier Debusschere
François Bonnardel. Ministre des Transports

« Je viens d’apprendre que le bateau comme tel a été vendu », a annoncé en chambre le ministre des Transports, François Bonnardel, en réponse à une question du député libéral Pierre Arcand sur la saga des traversiers.

La mésaventure de l’Apollo tire donc bel et bien à sa fin. Rappelons que le navire, âgé de 50 ans, avait été acheté d’urgence et sans inspection par la Société des traversiers du Québec (STQ), en janvier 2019, afin de pallier l’absence du NM F-A. Gauthier entre Matane, Baie-Comeau et Godbout. 

Après avoir déboursé 2,1 millions $ pour en faire l’acquisition, la STQ avait dû allonger 1,4 million $ de plus pour le mettre aux normes et lui permettre de continuer à naviguer.

L’Apollo, qui n’aura été en service qu’une vingtaine de jours, avait été mis au rancart à la suite de deux collisions.

Le traversier est depuis amarré au port de Québec. En septembre 2019, la STQ avait versé 2 millions $ additionnels à la Société Apollo, qui promettait d’en faire un récif artificiel pour les plongeurs.

Cette somme s’est toutefois avérée insuffisante pour terminer les travaux, et l’idée a finalement été abandonnée.

Environ 1,7 million $ a été dépensé et 30 % des travaux nécessaires ont été réalisés.

« On termine à zéro »

Joint par Le Journal, le président de l’organisme à but non lucratif derrière ce projet a déploré la gestion du gouvernement dans ce dossier. Jean-Yves Bouffard aurait aimé que Québec injecte davantage d’argent.

« Le bateau s’en va à Dalhousie. Pour l’argent, il ne restera rien. Les sommes que nous avons encore, elles vont servir pour le remorquage. On termine à zéro », a indiqué M. Bouffard, également maire de Godbout.

« C’était un beau projet pour une région comme la Côte-Nord, mais nous n’avons pas reçu l’appui du gouvernement, ce n’est pas compliqué. L’argent a été partout ailleurs. On essaye de se développer », se désole-t-il.

Récemment, M. Bouffard chiffrait à environ 180 000 $ les sommes encore disponibles dans les coffres de la Société Apollo. Cette dernière avait déboursé 1 $ pour faire l’achat du navire en 2019. 

LE NM APOLLO EN BREF  

  • Il a été acheté en 2019 par la STQ. 
  • Il a assuré la traversée entre Matane et Godbout durant une vingtaine de jours. 
  • Il a coûté 5,5 millions $. 
  • Il a été vendu pour 1 $ à Dalhousie Marine Recyclers.