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Une clinique pour les Autochtones ouvre à Joliette

Une clinique pour les Autochtones ouvre à Joliette
GENEVIÈVE QUESSY/AGENCE QMI

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Les Autochtones de Manawan pourront dès maintenant rencontrer un médecin dans une clinique organisée spécialement pour eux à Joliette, deux après-midi par mois. 

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Il s'agit d'une solution proposée par le Centre d'amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) devant la peur engendrée par la mort de Joyce Echaquan le 28 septembre dernier. En effet, plusieurs membres de la communauté attikamek de Manawan ont signifié leurs craintes d'être maltraités, après avoir vu la vidéo de Mme Echaquan, morte sous les insultes du personnel raciste à l'hôpital de Joliette.

Deux mardis par mois, sur rendez-vous, les autochtones pourront rencontrer un docteur à la clinique Mirerimowin située au CAAL de Joliette. Seulement huit personnes par mois pourront en bénéficier.

«Il faudrait donner plus de services, mais c'est déjà mieux que rien. Les gens ont tellement perdu confiance au système qu'on craint des répercussions graves s'ils attendent trop avant d'aller demander des soins,» explique Jennifer Brazeau, directrice du CAAL

En plus de bénéficier d'une traduction en attikamek au besoin, les patients seront suivis selon une approche globale impliquant les dimensions physique, émotionnelle, mentale et spirituelle, à l'image de la roue de la médecine autochtone.

Même si le CAAL a fait une demande d'aide au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière depuis de nombreuses années déjà pour ce projet de clinique, rien ne bougeait, indique Mme Brazeau. «C'est suite à la mort de Joyce Echaquan, et parce qu'un docteur nous a signifié sa volonté de nous aider qu'on a décidé de mettre en place le service, même si on n’avait pas réuni toutes les conditions. On a acheté une table de massage et le docteur apporte sa trousse, c'est comme ça qu'on fait.»

La directrice du CAAL n'a eu aucune nouvelle du CISSS depuis les événements du 28 septembre. L’hôpital où Joyce Echaquan est décédée relève du CISSS de Lanaudière. «Je ne ressens pas d'urgence d'agir de leur part. Ils ne nous ont pas contactés pour nous demander ce qu'ils pouvaient faire. Pour moi, c'est leur responsabilité de nous approcher. Quelqu'un a été tué.»

Le problème du racisme est connu depuis longtemps à l'hôpital de Joliette. Plusieurs témoignages ont été entendus lors de la commission Viens, l'an dernier, et de nombreuses plaintes ont été déposées par le passé.

Idéalement, le CAAL souhaiterait la présence d'une infirmière deux jours par semaine et celle d'un médecin un jour par semaine.