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Un week-end d’activités réduit à seulement deux jours à Imola

Cette programmation pourrait-elle éventuellement devenir la norme en F1?

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Photo AFP Nicholas Latifi est d’avis qu’un week-end de deux jours pourrait être bénéfique pour les amateurs.

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Le retour du grand cirque de la F1 au circuit d’Imola, après 14 ans d’absence, sera marqué en fin de semaine par une programmation réduite à seulement deux jours d’activités sur la piste.

Une seule séance d’essais libres de 90 minutes est prévue le samedi matin avant la période de qualifications qui s’amorcera quatre heures plus tard. Le Grand Prix d’Émilie-Romagne, tel qu’il a été désigné, aura lieu comme d’habitude le lendemain.

La journée de vendredi sera réservée à la préparation des voitures et aux conférences de presse des pilotes.

Si les autorités de la F1 ont pris cette décision pour donner un peu de répit aux écuries en raison du long déplacement de quelque 2400 kilomètres qui séparent le sud du Portugal (où a été présentée la dernière course la semaine dernière) et le nord de l’Italie, c’est aussi pour tenter une expérience qui pourrait éventuellement devenir la norme. Du moins pour bon nombre de Grands Prix dans l’avenir.

La météo capricieuse avait forcé l’annulation des deux séances d’essais du vendredi, au récent Grand Prix de l’Eifel, en Allemagne.

Répétition générale... improvisée

Cette répétition générale... improvisée a permis de constater que bon nombre d’intervenants de la F1 étaient d’accord pour éliminer la journée du vendredi. 

D’autant plus que cette démarche assurerait à la F1 d’ajouter des escales à son calendrier et d’organiser trois courses en trois semaines comme elle le souhaite. Si la pandémie n’avait pas sévi, c’est un record de 22 étapes qui aurait dû être disputé cette année.

Selon plusieurs sources fiables, l’ébauche d’un calendrier comportant 23 courses en 2021 a été présentée aux écuries en début de semaine. Elle fait état notamment d’une première épreuve en Arabie saoudite. La F1 n’a jamais nié qu’une saison de 25 manches (au maximum) était probable à court terme.

« Il y a trop d’essais »

Plusieurs pilotes et dirigeants d’équipes de F1 se sont d’ailleurs déclarés favorables au retrait d’une journée à la programmation d’un Grand Prix.

« Je ne pense pas qu’on a besoin d’être en piste le vendredi, a raconté Lewis Hamilton. On peut s’en passer. Je suis d’avis qu’il y a trop d’essais. »

Questionné par Le Journal, Nicholas Latifi s’est dit ouvert à toute éventualité.

« Nous, les pilotes, sommes prêts à soutenir des réformes. Trois séances d’essais libres peuvent effectivement comporter des... longueurs, de dire le Torontois. Et ça peut être ennuyeux pour les amateurs. En raison de la limite des pneus mis à notre disposition, il arrive fréquemment que les écuries réduisent leur temps de piste et qu’on a des temps morts pendant les séances d’essais. »

Le patron de l’écurie Mercedes a renchéri.

« Je n’ai pas détesté ce que nous avons vécu il y a quelques semaines au Nürburgring en raison des conditions climatiques, a dit Toto Wolff. Moins il y a d’essais, moins il y a d’informations pour les équipes à analyser et plus le week-end pourrait être imprévisible. »

« Si on avait à voter pour des fins de semaine sur deux jours, je serais prêt à donner mon accord. »

Même son de cloche du directeur de l’écurie Haas. « Ça nous permettrait d’avoir plus de courses dans l’année et d’attirer de nouveaux amateurs », d’affirmer le coloré Guenther Steiner. 

Dumontier tient à la journée du vendredi à Montréal 

François Dumontier
Photo d'archives, Agence QMI
François Dumontier

Le Grand Prix d’Émilie-Romagne ne sera disputé que sur deux jours de compétition en fin de semaine à l’occasion du retour de la F1 au circuit d’Imola, en Italie.

Si la plupart des intervenants, pilotes et dirigeants d’écuries principalement, se disent favorables à cette démarche, certains promoteurs affirment haut et fort qu’ils sont opposés. François Dumontier est l’un de ceux-là. On imagine aussi que ses homologues à Melbourne, Monza et notamment à Silverstone sont du même avis.

Car, contrairement à d’autres destinations moins populaires auprès des amateurs, le Grand Prix du Canada est un véritable happening. La ville vibre au rythme de la visite annuelle de la F1 pendant une bonne semaine.

Au circuit Gilles-Villeneuve, le vendredi attire des spectateurs comme probablement nulle part ailleurs. Et c’est une source de revenus indéniable. La veille, la traditionnelle activité des Portes ouvertes est aussi une activité fort courue et permet au public de voir de près les bolides et parfois de rencontrer des pilotes, sans frais.

Le jeudi aussi

« Je l’ai affirmé à maintes reprises, a dit le promoteur du Grand Prix du Canada en entrevue au Journal, et ma position ne changera pas. Je tiens à garder la journée du vendredi. Et je ne suis pas le seul à la réclamer. »

Plusieurs pilotes se sont dits d’accord pour éliminer les activités sur la piste le vendredi. Sergio Pérez, de l’écurie Racing Point, lui, est allé encore plus loin. « La journée de jeudi réservée aux conférences de presse devrait être aussi rayée de la programmation », de dire le pilote mexicain. 

Les médias ne seraient certes pas d’accord avec cette suggestion, puisque c’est souvent à cette occasion que les déclarations les plus croustillantes font les manchettes. Et ça met la table pour le reste du week-end.

Stroll a convaincu Mercedes

Lawrence Stroll, président exécutif d’Aston Martin, est un homme d’affaires actif ces dernières semaines.

Décidé à redorer le blason du constructeur britannique, dont il s’est porté acquéreur avec un groupe d’investisseurs, le milliardaire montréalais a convaincu Mercedes de devenir le deuxième actionnaire le plus important (20 %) de l’entreprise.

Le constructeur allemand fournira à la marque Aston Martin l’architecture de tous des groupes propulseurs, y compris les technologies hybrides et électriques. Ce qu’il faut aussi savoir c’est que l’écurie Racing Point portera le nom d’Aston Martin l’an prochain et que les liens entre les deux partenaires seront par le fait même renforcés.