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Fitzgibbon est blâmé par la commissaire à l’éthique

Le ministre a offert un accès privilégié à un ami lobbyiste

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Sévèrement blâmé jeudi pour avoir offert un accès privilégié à un ami lobbyiste, Pierre Fitzgibbon n’est pas au bout de ses peines : la commissaire à l’éthique mène une autre enquête sur lui. « En colère », François Legault juge que son ministre mérite une réprimande.

La commissaire à l’éthique Ariane Mignolet a présenté à l’Assemblée nationale le premier rapport d’une enquête amorcée il y a 18 mois à la suite de reportages de notre Bureau d’enquête et de plaintes de l’opposition. 

Son investigation a porté sur les circonstances entourant la vente par le ministre de l’Économie de ses actions dans l’entreprise Move Protéine.

Après s’être penchée sur les liens entre les activités ministérielles de M. Fitzgibbon, la transaction, et ses amis, la commissaire recommande qu’il soit sanctionné d’une réprimande. 

  • Écoutez Pierre Fitzgibbon s'expliquer au micro de Pierre Nantel sur QUB radio:   

Me Mignolet constate que M. Fitzgibbon s’est retrouvé dans une position délicate face à son ami et lobbyiste Luc Laperrière, qui lui avait rendu service en lui achetant ses actions de Move Protéine dont il devait se départir.

La commissaire lui reproche notamment d’avoir ensuite permis à son ami de « communiquer directement avec [lui] afin d’organiser des rencontres professionnelles ».

Selon elle, cela « nuit au maintien de la confiance de la population envers les membres de l’Assemblée nationale ».

Legault d'accord

Le premier ministre François Legault a reconnu que son ministre avait mal agi. Il a également admis que les constats de la commissaire l’avaient mis « en colère ».

« Il n’aurait pas dû rencontrer son ami, a-t-il dit lors d’une conférence de presse. [...] Il y a un problème d’équité. »

M. Legault suggérera à ses députés de voter en faveur de la recommandation de réprimande de la commissaire, lorsque son rapport leur sera soumis.

Malgré ces premières conclusions, M. Fitzgibbon pourrait encore recevoir des critiques de la commissaire.

Son rapport présenté jeudi révèle qu’en examinant le dossier Move Protéine, elle a pris l’initiative de scinder sa démarche, en janvier 2020, et de faire une autre enquête.

« Un rapport distinct » portant sur « d’autres éléments » connexes sera présenté plus tard, a confirmé son cabinet jeudi.

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Imprudence

M. Fitzgibbon a reconnu qu’il n’aurait pas dû rencontrer seul M. Laperrière dans le cadre de ses représentations comme lobbyiste.

« Peut-être qu’il y a eu imprudence, peut-être que j’aurais dû avoir quelqu’un avec moi, a-t-il dit. Dire que j’ai manqué de jugement, j’ai objection à ça. » 

M. Fitzgibbon demande à la population de lui maintenir sa confiance. 

« Il n’y a eu aucune malversation, a-t-il dit. On est dans les apparences. » 

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

LA SAGA EN DATES  

18 avril 2019

Pierre Fitzgibbon annonce la nomination de son ami Guy LeBlanc à la tête d’Investissement Québec. Le même jour, notre Bureau d’enquête révèle qu’ils avaient été jusqu’à tout récemment copropriétaires d’une entreprise, Move Protéine.

23 avril 2019

La commissaire à l’éthique répond aux plaintes de l’opposition et ouvre une enquête sur un potentiel conflit d’intérêts dans ce dossier.

25 mai 2019

Notre Bureau d’enquête révèle que l’acheteur des actions de M. Fitzgibbon dans Move Protéine, Luc Laperrière, est un lobbyiste actif auprès de lui sans toutefois déclarer officiellement ses représentations.

24 septembre 2019

La commissaire à l’éthique élargit son enquête aux activités de M. Laperrière auprès de son ami ministre.