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Le personnel des services de garde en colère contre le ministre Roberge

L’ajout de trois journées pédagogiques pour les profs fait réagir

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L’ajout de trois journées pédagogiques pour permettre aux enseignants de recevoir davantage de formation suscite la colère dans les rangs du personnel des services de garde scolaires.

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Le service de garde sera offert gratuitement aux familles pendant ces trois journées pédagogiques additionnelles. 

L’annonce a eu «l’effet d’une bombe auprès du personnel éducateur», affirme Isabelle Larouche, présidente du Syndicat du personnel de soutien scolaire des Découveurs, dans une lettre transmise jeudi au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. 

«À quoi avez-vous pensé en octroyant ces journées, dites de formation et de préparation, alors que les journées pédagogiques, en ce temps de pandémie, sont une surcharge de travail additionnelle pour le personnel en place, déjà à bout de souffle?» demande Mme Larouche. 

«Avez-vous une idée du travail accompli au quotidien? Que vos fameuses bulles sont quasiment impossibles à respecter, que les enfants agissent comme de petits robots, que le nombre d’interventions et de désorganisations est à la hausse?» poursuit-elle. 

Cette décision est aussi vivement dénoncée par la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), qui représente du personnel des services de garde scolaires.  

«Une école, c'est une équipe, c'est insensé de vouloir donner du répit à une partie de celle-ci en surchargeant l'autre», a observé la présidente de la fédération, Nathalie Arguin, par communiqué.  

«Le son de cloche, partout dans la province, c'est le ras-le-bol collectif. Le personnel de soutien est épuisé», a-t-elle ajouté.

  • Écoutez Benoit Brosseau de l’Association québécoise de la garde scolaire à QUB radio

Des profs se réjouissent

D’ici la fin de l’année scolaire, trois journées de classe seront remplacées par trois journées pédagogiques additionnelles, qui devront être consacrées à la planification et la formation en lien avec l’enseignement à distance.  

Les élèves seront en congé pendant ces trois journées, si bien que le nombre de jours de classe passera de 180 à 177 cette année. 

L’objectif est de permettre aux enseignants de mieux se préparer pour les mois à venir afin de mieux répondre aux besoins des élèves, explique-t-on. 

Cette modification au calendrier pédagogique vise à répondre en partie aux demandes des syndicats d’enseignants, qui réclament davantage de temps pour permettre aux profs de souffler un peu. 

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, se réjouit de cette «bonne nouvelle».  

«Il y a un niveau de fatigue et de désorganisation dans plusieurs milieux. C’est un temps très précieux qu’on vient ajouter. Est-ce que ce sera suffisant? On verra», a-t-elle lancé. 

L’annonce a aussi été saluée par les cadres et les directions générales des centres de services scolaires. 

La Fédération autonome de l’enseignement aurait quant à elle préféré que ces journées puissent être utilisées pour répondre aux besoins des enseignants, peu importe lesquels, plutôt que d’être obligatoirement consacrées à la formation. 

De son côté, la Fédération des établissements d’enseignement privés déplore que le changement soit imposé dans tout le réseau scolaire. 

«Certaines écoles pourraient avoir besoin de ces journées de formation, alors que d’autres, jugeant que leurs enseignants sont suffisamment formés et expérimentés en enseignement virtuel, devraient pouvoir choisir d’offrir toutes les journées d’écoles possibles aux élèves dans le contexte actuel», affirme son président, David Bowles. 

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