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Duclos déplore des propos «irrespectueux» de Labeaume

Le ministre fédéral a été interpellé de toutes parts sur le projet du Port

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le projet de terminal de conteneurs Laurentia du Port de Québec se chiffre à 775 M$, dont 505 M$ sont financés par le privé.

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Pressé par François Legault et Régis Labeaume de donner son appui au projet Laurentia du Port de Québec, Jean-Yves Duclos a qualifié d’« irrespectueux » les propos du maire. 

« Donner l’impression comme ça a été le cas dans les dernières heures qu’un agenda électoral devrait amener un politicien à influencer l’évaluation environnementale d’un projet, c’est mal comprendre comment ça se fait, et c’est aussi irrespectueux du souci des Québécois que ce genre de chose se fasse correctement en 2020. »

Le président du Conseil du Trésor du Canada, Jean-Yves Duclos, n’a pas mâché ses mots, jeudi, en fin de journée. Il a tenu à rappeler que le processus d’évaluation environnementale est « indépendant et rigoureux ». 

Selon lui, les Québécois sont soucieux de l’environnement et veulent être assurés que le projet de terminal de conteneurs du Port de Québec le respecte. Il a ainsi de nouveau évité de se mouiller. 

Sur des tribunes différentes, au cours de la journée, François Legault et Régis Labeaume ont accentué la pression sur Ottawa.

Le Port demande 90 millions $ à chacun des deux paliers de gouvernements supérieurs. Or, le fédéral refuse de s’engager tant que l’étude environnementale n’a pas été complétée.

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 Échéance électorale

Régis Labeaume a martelé que le gouvernement et Jean-Yves Duclos doivent « faire plus ».

Ce dernier a un pouvoir énorme, dit-il, et c’est à lui de régler le problème, d’ici les prochaines élections. « C’est son travail, c’est son devoir. [...] Je leur conseille de régler avant. Parce qu’on va la faire, la campagne, là-dessus, nous autres. »

Il estime que les libéraux fédéraux n’ont pas livré la marchandise dans la région et promet de les talonner pour qu’ils réalisent leurs promesses. 

Le premier ministre québécois François Legault, qui a rencontré la veille les dirigeants du Port, a quant à lui répété que Laurentia est un projet très important, créateur de 2100 emplois « bien payés » pendant la construction et de 1000 autres pendant l’exploitation. Il souligne que le ministre de l’Économie a sollicité Ottawa le 9 juin et n’a pas reçu de retour.

« Le problème, c’est : est-ce que le gouvernement fédéral est prêt à accepter cet investissement-là ? On attend après une réponse d’Ottawa. »

« Un projet dévastateur »

Québec solidaire a dénoncé « un projet dévastateur ». « Laurentia ne sert en rien les intérêts de la population, mais ceux d’entreprises privées qui viendront saccager notre territoire en plus de s’en mettre plein les poches », a exprimé Manon Massé.

Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec, croit que seules quelques dizaines d’emplois seront créés au profit du Midwest américain, destination finale des conteneurs. 

Le groupe Nature Québec considère que la sortie de MM. Legault et Labeaume est une « attaque en règle aux institutions démocratiques ».

Ce qu'ils ont dit   

« Il y a un enjeu parce que, supposément, la compagnie Hutchison est une compagnie chinoise. Par contre, le propriétaire principal, c’est un Canadien, résident canadien. Et, bon, on n’a pas de réponse d’Ottawa depuis le 9 juin. »

— François Legault, premier ministre du Québec

« Je veux remercier le premier ministre pour son appui. Je suis totalement d’accord avec ce que M. Legault a dit. Il faut que le fédéral fasse quelque chose. Il faut que M. Duclos règle le problème. »

— Régis Labeaume, maire de Québec

« Ce qui semble ressortir des propos de MM. Legault et Labeaume, c’est que des pressions politiques pourraient accélérer et influencer l’évaluation environnementale du projet du Port de Québec. Et ça, c’est mal comprendre comment ça fonctionne. »

— Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor fédéral