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L’équité salariale, c’est maintenant que ça compte

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Cette négociation, comme celle des infirmières et des éducatrices, dépasse le cadre de l’enseignement et des conditions de travail en général. C’est un enjeu qui devrait mobiliser toutes les femmes, toutes les féministes. 

Après 2-3 ans de cégep et 4 ans d’université, on gagne, si nous avons la chance d’avoir un 100% de tâche, environ 42 000$. C’est en dessous de ce que la majorité des métiers vont offrir au départ. Même des emplois non spécialisés qui rapportent autour de 20$/h donnent plus près de 50 000$ quand on fait un peu d'heures supplémentaires (payées celles-là!). 

Pourquoi les jeunes hommes iraient-ils en enseignement?

Les métiers professionnels masculins rapportent bien au-delà de ce qu’on peut gagner dans les 12 premiers échelons. 

Plusieurs de mes anciens élèves garçons qui n’ont qu’un secondaire 3 gagnent plus que moi après 6 années d’enseignement. Et ils ont commencé à travailler à 18 ans, pas à 24 ans. Et pas avec 25 000$ de dettes d’études. 

  • Steve Ouellet était au micro de Mario Dumont sur QUB radio:   

Quand on parle d’égalité des sexes, l’enjeu du salaire est le plus important. Oui, les enseignantes gagnent autant que les enseignants. Là n’est pas l’enjeu. 

L’enjeu est que les métiers à prédominance féminine rapportent nettement moins que ceux à prédominance masculine. Les discours sur l’égalité des sexes ne servent à rien si nous ne nous battons pas au moment où ça compte réellement et où on peut faire une différence concrète dans la vie de dizaines de milliers de femmes (et d’hommes, bien sûr...).

Steve Ouellet, enseignant de français.
Photo Courtoisie
Steve Ouellet, enseignant de français.

L’éléphant dans la pièce

La vérité qu’on ne veut pas voir, c’est que le salaire de la femme est encore considéré, dans notre société, comme un salaire d’appoint. Et l’homme est encore considéré comme étant le pourvoyeur de la famille. Le salaire de la femme est un bonus. 

Quel domaine à prédominance masculine accepterait que les employés fassent des heures supplémentaires non rémunérées?

Comment se fait-il que plusieurs enseignant(e)s demandent à travailler à 80% parce que leur tâche est trop lourde, tout en finissant quand même par travailler à temps plein avec ce 80% de salaire? 

Pourquoi ce serait aux femmes, aux infirmières et aux enseignantes de se serrer la ceinture dans l’effort de redressement budgétaire covidien?

Il n’y a pas de meilleur moment, dans le combat pour l’égalité des sexes, que lors des négociations dans les corps de métiers comme le nôtre. Le reste du temps, on ne peut que lancer des idées en l’air. 

C’est maintenant que ça compte.

Nous ne sommes pas des missionnaires. 

Nous exerçons le travail le plus important.

Et un travail, ça se paye!

Non, votre salaire n’est pas un salaire d’appoint. Votre travail est aussi, sinon plus important que celui des métiers à prédominance masculine. C’est celui qui permet aux autres d’exister.

Et votre travail vaut plus que ce que vous recevez. 

Steve Ouellet
Enseignant de français

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