/opinion/columnists
Navigation

Les lapins peuvent-ils aller à l’université?

Coup d'oeil sur cet article

Bonjour mes petits lapins !

Hé oui, mononcle Richard est de retour ! Vous pensiez que je vous avais oubliés ? Mais non, j’étais juste occupé à ne pas aller au resto, à ne pas aller au théâtre, à ne pas aller au musée, à ne pas aller au cinéma et à ne pas aller au gym. C’est fou comme ne rien faire occupe son homme !

LA COUENNE DURE

Aujourd’hui, mononcle Richard aimerait vous parler d’enseignement supérieur. On m’a dit que certains d’entre vous envisagent d’aller à l’université. 

Bravo, voilà qui est une bonne nouvelle ! Après tout, on est dans l’économie du savoir, non ?

Mais avant de faire le grand saut, mes petits lapins, posez-vous la question : avez-vous ce qu’il faut pour aller étudier à l’université ? 

Car l’université, c’est comme l’armée : ce n’est pas fait pour tout le monde.

Avant, quand tu avais les pieds plats ou que tu souffrais de presbytie ou de myopie, tu ne pouvais pas entrer dans l’armée. 

Ça te prenait une belle cambrure du pied et une vision 10/10 pour abattre des Allemands et des Japonais à la mitraillette. 

Eh bien, c’est un peu comme ça à l’université. 

Ça prend des prérequis.

Il faut que tu sois fait fort. Que tu sois capable d’entendre et de voir des choses qui vont à l’encontre de tes valeurs.

Tu ne t’es jamais fait dire Non dans ta petite enfance ? Tu as grandi entouré d’éducateurs frisés qui portaient des salopettes multicolores, qui se faisaient appeler « Balou » et qui te parlaient en bébé ? 

Tu as dormi avec un toutou en forme de licorne jusqu’à l’âge de 12 ans ? Tu te roules en boule dès que quelqu’un dit un gros mot ?

Tu as vu Bambi à 5 ans et tu es encore traumatisé ?

Un conseil : ne va pas à l’université.

Deviens fleuriste. Ou clown. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

MÉCHANT ADOLF

Car la vie à l’université est dure.

Très dure.

Tu vas lire des choses épouvantables. Des extraits de Mein Kampf d’Adolf Hitler, par exemple. 

Tu ne connais pas cet homme ? C’était un monsieur très, très méchant.

« Plus méchant que Donald Trump ? » me demandes-tu.

Oui, plus méchant que Donald Trump. 

« Mais c’est impossible ! »

Oh oui, crois-moi, c’est possible, mon petit lapin. 

Ce monsieur était tellement méchant que dans son livre, il disait qu’il fallait tuer tous les Juifs, car ils étaient de la vermine. 

Arrête de pleurer, voyons !

Quoi, je suis raciste ?

Mais non, c’est pas moi qui dis ça, c’est le méchant monsieur !

Bon, oui, je l’ai dit, mais je ne le pense pas ! Je citais Hitler !

Pourquoi j’ai décidé de parler d’un homme qui a écrit des choses aussi méchantes ? Mais parce que c’est important !

Quoi ? C’est important de tuer des Juifs ? Mais non, voyons, c’est pas ce que je disais ! C’est important de parler de ce monsieur ! Surtout dans un cours d’Histoire du XXe siècle !

Quoi ? Tu préférerais que l’on parle de Greta Thunberg ?

Hmmm...

Je pense que tu n’es pas prêt pour l’université, mon lapin.

Tu es trop sensible.

Pourquoi tu ne te présentes pas plutôt pour le Parti libéral du Canada ?

Ils adorent ça, des braillards, là-bas.

Tu serais parfaitement à ta place...