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À quoi servent les populistes?

À quoi servent les populistes?
AFP

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Un spectre hante l’Occident, c’est le populisme. En effet, depuis quelques années, on observe la popularité grandissante de ce nouveau genre de politiciens. Les électeurs semblent de plus en plus apprécier le franc-parler, la défense de l’identité, le patriotisme et l’incarnation verticale du pouvoir chez leurs dirigeants.

Que l’on pense à Donald Trump, à Boris Johnson ou même à Doug Ford, leur popularité, au-delà du charisme de ces différents personnages, est en grande partie reliée à leur rejet du politiquement correct. La rectitude politique, aussi appelée culture de la censure (cancel culture) fait trembler, depuis plusieurs années, les politiciens traditionnels qui sont ainsi passés maîtres dans l’art de peser chaque syllabe de chaque mot lorsqu’ils parlent de certains sujets.

Ces politiciens plaisent au peuple

En s’opposant au politiquement correct, certains politiciens plaisent à une partie de la population qui entend dans leur bouche ce qu’elle n’a plus le droit d’exprimer.

Aussi, ces partisans voient en eux le frein à la déconstruction que cherchent à entreprendre certains militants de gauche qui considèrent la civilisation occidentale comme raciste, patriarcale, sexiste et colonialiste. Devant un monde devenu fou dans sa lutte aux discriminations, les électeurs cherchent donc à élire quelqu’un qui défendra leurs valeurs plus traditionnelles et leur idée de la nation.

La réalité

Cependant, la réalité du pouvoir est beaucoup moins simple que certains pourraient l’espérer. Une fois élus, ceux qu’on appelle les populistes semblent incapables de freiner la rectitude politique.

Il suffit d’observer la présente saga à l’Université d’Ottawa pour constater que ce sont toujours les apôtres de la censure qui possèdent le rapport de force.

L’appel du premier ministre Doug Ford, qui menaçait de couper le financement aux universités ne respectant pas la liberté d’expression, ne semble pas y avoir été entendu, alors que le recteur Jacques Frémont préfère défendre le droit de ne pas être choqué à la liberté pédagogique.

Au sud de la frontière, la culture de la censure est plus présente que jamais, en particulier dans les médias et les universités. Plutôt que de les mettre en échec, l’élection du président Trump a nourri les mouvements à l’origine du politiquement correct, ceux-là mêmes contre lesquels il a fait campagne et qui lui font la guerre de façon tout aussi acharnée depuis le jour 1 de sa présidence.

La réalité, c’est que cet enjeu dépasse largement la sphère politique. Aucune loi ne pourra mettre fin instantanément aux déboulonnements de statues, aux boycottages ou aux campagnes de censures.

La défense du patrimoine et de la liberté d’expression est un travail de longue haleine et qui requiert une vigilance permanente. Il n’est plus suffisant pour quelconque candidat de simplement dénoncer les dérives du politiquement correct.

Les quelques déclarations iconoclastes, qui certes révèlent un certain courage politique, ne redonnent pas au peuple ses repaires ou sa fierté. Désormais, les politiciens qui souhaitent porter ce combat de manière crédible devront présenter un réel plan d’action pour protéger le patrimoine et la liberté d’expression.

Antoine Laflamme, 20 ans, étudiant de deuxième année en science politique et histoire à l’Université d’Ottawa.

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