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Bolivie: le parlement recommande une procédure contre l’ancienne présidente

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Le parlement bolivien sortant a approuvé jeudi une motion recommandant que l’ex-présidente par intérim Jeanine Áñez et ses ministres soient traduits en justice pour répondre des conflits sociaux de l’an dernier qui ont fait une trentaine de morts.

La Chambre des députés et le Sénat, réunis en session conjointe, ont approuvé un rapport parlementaire sur les « massacres de Senkata, Sacaba et Yapacaní, qui recommande un jugement en responsabilités contre Jeanine Áñez pour génocide et autres délits », a indiqué le Sénat sur son compte Twitter.

Le parlement a également approuvé la mise en accusation au pénal de 11 ministres, a ajouté le Sénat.

Une commission parlementaire, contrôlée par le MAS, mouvement de l’ex-président Evo Morales, a enquête pendant des mois sur des incidents ayant eu lieu dans plusieurs régions du pays entre octobre et novembre 2019, qui avaient fait une trentaine de morts. Elle a présenté son rapport mardi, un peu plus d’une semaine après la prise de pouvoir du nouveau président Luis Arce, candidat du MAS.

Une enquête de la commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a établi de son côté que ces incidents avaient fait 35 morts.

Ils s’étaient propagés dans le pays après les élections présidentielles d’octobre 2019, qui avaient reconduit M. Morales à la tête du pays, mais aussi provoqué des manifestations de l’opposition dénonçant des fraudes. Evo Morales avait été contraint de démissionner avant de s’exiler au Mexique puis en Argentine.

La présidente du Sénat, Eva Copa, membre du MAS, a précisé que ce rapport serait remis au parquet bolivien pour l’ouverture d’une éventuelle procédure.

Elle compte aussi sur le fait que ce rapport soit définitivement approuvé par le nouveau parlement, où le MAS conserve sa majorité et qui doit entrer en fonctions la semaine prochaine.