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Élection à Wendake: Konrad Sioui sollicite un quatrième mandat aujourd’hui

Le grand chef sortant de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui.
Dominique Lelièvre Le grand chef sortant de la nation huronne-wendate, Konrad Sioui.

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Le Grand Chef Konrad Sioui tentera, aujourd’hui, d’obtenir un quatrième mandat à la tête de la nation huronne-wendat. Un seul adversaire peut lui barrer la route: Rémy Vincent.

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Tous les Hurons-Wendats sont appelés aux urnes aujourd’hui, au Centre sportif de Wendake, entre 9h et 20h. Il y a un peu plus de 3600 électeurs inscrits pour ce scrutin et la moitié d’entre eux, environ, sont domiciliés dans la grande région de Québec.  

Près de 1500 membres de la nation qui résident à l’extérieur, au Canada comme aux États-Unis, ont déjà acheminé leur vote par correspondance, a indiqué au Journal le président d’élection Paul Grannary, un «record».  

À Wendake, au Centre sportif, «toutes les mesures nécessaires» ont été mises en place dans le contexte de pandémie. «Lavage des mains, masque obligatoire, deux mètres de distance, les électeurs vont entrer par une porte et sortir par une autre porte, énumère-t-il. On a tout mis en place, avec la Direction de la santé ici à Wendake, pour protéger notre personnel électoral et les électeurs. On va avoir des policiers sur place aussi.» 

Konrad Sioui mise sur son expérience de Grand Chef depuis 2008 pour séduire l’électorat. Il y a douze ans, il avait défait Max Gros-Louis. Son bilan, dit-il, est «très pesant». Wendake «va bien» et a une place «reconnue» dans la région de Québec. Quant à la défense du territoire traditionnel nionwentsïo, convoité par les Innus, Konrad Sioui affirme que cet enjeu arrive à un moment «critique», d’où l’importance d’avoir un Grand Chef avec beaucoup de «bagage».  

«On ne peut pas se permettre de ne pas avoir de l’expérience, de la vision et des résultats. C’est pour ça que je continue ma démarche parce que le travail est trop important. [Les Innus] veulent s’arroger l’entièreté de notre territoire et c’est là que le bât blesse. Ça prend toute l’expérience nécessaire. On ne peut pas s’en aller comme ça et négocier des ententes à rabais. C’est trop risqué», plaide l’homme de 67 ans.  

Un vent de changement? 

Rémy Vincent, lui, dit sentir un vent de changement sur le terrain. Il prédit un résultat «serré». Chef du cercle familial Vincent/Romain/Paul depuis deux ans, il a démissionné pour tenter de renverser le Grand Chef, déplorant sa façon de travailler avec les autres chefs et ses décisions «unilatérales». «Je trouve qu’on ne travaille pas dans le bon sens et qu’on ne va pas chercher les idées de tous les chefs.» 

Rémy Vincent, candidat au poste de Grand Chef de la nation huronne-wendat. Il tentera de déloger Konrad Sioui qui, lui, sollicite un quatrième mandat.
Le Journal de Québec
Rémy Vincent, candidat au poste de Grand Chef de la nation huronne-wendat. Il tentera de déloger Konrad Sioui qui, lui, sollicite un quatrième mandat.

«On a des visions différentes sur le développement économique et pour la défense du territoire», confie-t-il en entrevue. Il dit vouloir «rebâtir des ponts» avec les autres nations autochtones et avec les voisins immédiats. «Avec la Ville de Québec, il faut avoir de bonnes relations aussi. Est-ce qu’elles sont excellentes? Je ne crois pas.»

Quant au conflit avec les Innus, il dit vouloir reprendre le dialogue. «Je suis convaincu qu’on est capables de se parler, mais présentement, on ne se parle pas. Quand il n’y a pas de discussions, c’est sûr qu’il n’y a pas d’avancées. Il n’est pas question de céder notre territoire à personne, ça, c’est très clair. De leur côté non plus. Mais il faut en discuter.» 

Des élections ont également lieu pour les chefs des familles Dumont/Savard/Sioui, Gros-Louis/Rock/Duchesne, Picard/Lainé et le clan Sioui. Les résultats risquent d’être dévoilés très tard en soirée, peut-être même durant la nuit de vendredi à samedi, selon Rémy Vincent.