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La pandémie donne du travail aux notaires

La demande de services a explosé ces derniers mois

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Photo courtoisie Dominique Lettre, du cabinet Lettre & Brown, sur la Rive-Sud de Montréal

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Les bureaux de notaires n’ont jamais été aussi occupés depuis le début de la pandémie, entre les demandes de révision de testaments qui explosent, les couples qui se séparent et la surchauffe du milieu immobilier.

« C’est un tsunami avec un T majuscule. Je suis notaire depuis 27 ans et je n’ai jamais vécu ça », lance Dominique Lettre, associée au cabinet Lettre & Brown, dont les bureaux sont situés à Longueuil et à La Prairie.

L’Association professionnelle des notaires du Québec observe cette année une augmentation de 30 % à 50 % de la demande.

À la Chambre des notaires du Québec (CNQ), on note surtout une hausse de la recherche testamentaire – permettant de vérifier si le défunt a enregistré un testament –, laissant présager que plus de gens décèdent.

« La demande est très forte », laisse tomber la directrice des communications de la CNQ, Johanne Dufour.

C’est tout le temps Urgent...

« C’est du jamais vu ! lâche Stéphanie Bourassa, associée fondatrice au cabinet Bourassa Notaires, à Montréal. J’ai des gens qui cognent à ma fenêtre pour obtenir mes services. Ils me supplient d’avoir un notaire. »

« En confinement, les gens se sont mis à faire le ménage dans leurs papiers. Quand ils ont compris qu’ils n’avaient pas de filet en cas de décès, l’urgence a pris », illustre Me Lettre.

Sébastien Manny, dont le cabinet est situé à Québec, constate lui aussi une « urgence d’agir » surtout dans le milieu immobilier.

« Les gens sentent une urgence de signer leur prêt pour ne pas perdre une occasion. Les vendeurs, les courtiers immobiliers et les acheteurs mettent des délais extrêmement serrés pour l’inspection de la maison ou le financement hypothécaire, explique Me Manny. Un délai raisonnable est de 10 jours. Mais j’ai vu des intervenants qui voulaient tout régler en trois jours. »

En plus des nombreux couples qui n’ont pas survécu au confinement, Me Lettre fait aussi valoir que dans les derniers mois, beaucoup de parents déjà séparés ont vécu des changements d’horaire et de salaire.

« Plusieurs dossiers qui ont été réglés il y a quelques années veulent repasser en médiation pour réviser les pensions alimentaires », résume la notaire.