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Ils quittent Saint-Augustin pour Punta Cana... malgré un test positif à la COVID-19

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Un couple a pris un vol moins de 10 jours après avoir reçu un test positif à la COVID-19.

Un résident de Saint-Augustin qui a été infecté à la COVID-19, comme plusieurs membres de sa ligue de hockey, le 3 octobre dernier et qui a infecté au passage sa conjointe a tout de même pris un vol vers Punta Cana moins de 10 jours plus tard, ne se préoccupant pas de la «consigne stricte du directeur de santé publique» de s’isoler à domicile.  

Le Journal rapportait récemment qu’une éclosion avait eu lieu dans un vestiaire de hockey du PEPS de l’Université Laval, où 11 joueurs avaient été infectés, dont l’un qui a dû être hospitalisé plusieurs jours. Un des membres de l’équipe et sa conjointe, qui se savaient tous deux infectés, ont tout de même pris un vol en direction de Punta Cana, en République dominicaine, moins de 10 jours après cette partie de hockey. Ils ont pris l’avion le 11 octobre, puis ont fait une publication Facebook sur place le 13 octobre. 

Coéquipiers perplexes

À la suite de cette publication, un coéquipier présent dans la chambre de hockey le 3 octobre, mais qui n’a pas été infecté, a interrogé le voyageur au sujet de sa présence en République dominicaine. «J’ai testé négatif et je dois rester en quarantaine jusqu’à samedi et toi tu as testé positif et t’es à Punta Cana!!! C’est vraiment étrange», lui écrit cette connaissance sur son mur public.  

L’homme infecté répond: «Nous avons attrapé la COVID-19 avant notre départ suite à ma présence à une partie de hockey un samedi matin et j’ai contaminé [ma conjointe] par la suite. Nous avons eu un test négatif juste 24 heures avant notre départ», écrit-il. 

Il confirme pourtant avoir eu des symptômes dans ce message. «Même si nous n’étions plus contagieux nous avons eu des séquelles», écrit-il. 

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale rappelle que «toute personne testée positive est tenue de s’isoler à domicile pendant une période de 10 jours après l'apparition des premiers symptômes ou, si la personne est asymptomatique, 10 jours après la date du test positif à la COVID-19». 

Réponses évasives  

S’il affirme avoir contracté le virus avant son départ, le retraité explique, dans une série de courriels envoyés au Journal, avoir fait des tests sérologiques et moléculaires au privé avant son départ, des tests négatifs qui «appuient [sa] décision» de partir, écrit-il.  

Il aussi relayé un courriel de la Santé publique où on indique qu’il a passé un test négatif le 10 octobre, alors qu’il était dans un «hôtel désigné à Montréal», un détail qui n’a pu être validé. Chose particulière, ce courriel indique qu’il a, à nouveau, été déclaré positif à son retour le 26 octobre.  

Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, le porte-parole Mathieu Boivin rappelle qu’avant d’emprunter un vol, «tout voyageur est tenu d’informer sa compagnie aérienne [...] de toute condition médicale pouvant compromettre la sécurité d’autrui». «Toute omission» constitue une infraction aux lois canadiennes «avec possibilité rétroactive en cas de non-respect d’une quarantaine obligatoire».  

Le Journal a aussi questionné le médecin-épidémiologiste Gaston De Serres sur les tests moléculaires et sérologiques évoqués par le voyageur. Le Dr De Serres indique d’abord que le premier est en fait le test de dépistage de base. Quant au test sérologique, «ce n’est vraiment pas l’outil pour décider quoi que ce soit», plaide l’expert.   

Il ajoute que «la norme est très claire».«J'ai un peu de misère à faire la mathématique qui ferait en sorte qu’il soit parti», ajoute-t-il.