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Forte hausse du nombre de pêcheurs

Patrick Campeau
Photo courtoisie De nombreuses destinations nature à proximité des grands centres ont été prises d’assaut par les Québécois au cours des derniers mois.

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En cette année de restrictions au niveau des déplacements, les Québécois en ont profité pour demeurer dans la Belle Province et taquiner les poissons. 

Permis de pêche
Années Résidents Non-résidents Ventes totales
2019 649 555 44 617 694 172
2020 706 211 21 102 727 313

Selon les statistiques compilées en date de cette semaine par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), le nombre de permis de pêche pour les résidents a grimpé de 649 555 à 706 211, soit une augmentation de 9 % par rapport à l’an dernier. Il s’agit de la meilleure année de vente à ce niveau depuis 2015. En tenant compte que le conjoint, les enfants de moins de 18 ans et les étudiants de moins de 24 ans sous votre surveillance immédiate peuvent pêcher en vertu de votre permis, on peut facilement extrapoler que plus de 100 000 nouveaux adeptes se sont adonnés à la pêche. 

Ces données renforcent les statistiques de l’Association canadienne de la pêche sportive qui démontrent qu’il y a définitivement plus de manieurs de canne au pays que de hockeyeurs et de golfeurs combinés.

Contrepartie

Bon an, mal an, depuis 1998, le nombre de licences vendues aux non-résidents se situe entre 45 910 et 62 997. Cette année, à cause de la fermeture des frontières et de l’accès limité aux territoires, ce nombre a chuté à 21 102, soit une baisse de 53 % avec l’an dernier à pareille date.   

De bons résultats près des grands centres...  

La pandémie a forcé la population à limiter ses déplacements, et les aubergistes de la forêt situés à proximité des grands centres en ont profité.

« Malgré que la saison ait commencé sur le tard et avec de nombreuses contraintes pour les pourvoiries, les séjours en nature ont définitivement eu la cote ! Plusieurs Québécois ont décidé de s’évader. En juillet et août, ils ont littéralement envahi le territoire », explique Vicky Boivin de la Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ).

« Dès que les gens ont pu se déplacer, nous avons connu une forte hausse de l’achalandage. Les pêcheurs venaient de partout et cherchaient des sites comme les nôtres. J’estime que nous aurons une augmentation de plus 35 % cette année et ce chiffre aurait pu être encore meilleur si nous avions eu plus d’unités d’hébergements à offrir », confie Sylvain Turenne, propriétaire des pourvoiries Coin Lavigne et Domaine du Renard bleu.

La Sépaq a connu elle aussi un achalandage exceptionnel durant l’été. Le porte-parole Simon Boivin indique que « la pêche à la journée a connu un bon succès, en partie en raison des nouveaux lacs mis en disponibilité à la suite de certaines restrictions de la Santé publique sur la location d’hébergement ».   

... mais pas dans les régions éloignées

Pour les entreprises situées dans les régions plus éloignées, les pertes de revenus liées aux annulations de séjours ont de lourdes conséquences.

« Les pourvoiries qui étaient moins connues des Québécois ont dû se repositionner rapidement pour séduire les gens d’ici. La situation n’est guère mieux au Nord-du-Québec où celles qui commençaient à peine à se relever de la fermeture de la chasse aux caribous n’ont pu ouvrir leurs portes en raison des contraintes de déplacements interrégionaux. Avec une saison d’opération de seulement six à huit semaines, c’est tous leurs revenus qui sont tombés à l’eau », indique le PDG de la FPQ, Marc Plourde. 

« Plusieurs pourvoiries ont dû rembourser les dépôts des visiteurs étrangers et des groupes de pêcheurs planifiés en début de saison. D’autres se sont entendus avec la clientèle pour reporter les séjours à l’année 2021. L’incertitude face à l’avenir pèse lourd sur ces entrepreneurs qui se demandent s’ils seront en mesure d’honorer les réservations du printemps 2021 et s’ils ne devraient pas tenter de se promouvoir sur le marché québécois pour remplacer les étrangers », précise Vicky Boivin de la FPQ.

« Du côté de la Sépaq, l’impact le plus important de la pandémie s’est fait ressentir sur la chasse, où un nombre considérable de réservations ont été annulées en raison des règles en vigueur, notamment sur les déplacements entre régions. Une très grande majorité de chasseurs ont quand même pu s’adonner à leur activité favorite », souligne Simon Boivin, de la Sépaq. 

Entreprises en difficulté en Outaouais  

Près d’une vingtaine d’entreprises de l’Outaouais ont perdu leurs revenus au printemps en raison de la pandémie et à l’automne en raison d’un conflit opposant les communautés algonquines et le gouvernement sur l’enjeu de la gestion de l’orignal dans la réserve La Vérendrye. L’avenir de ces entreprises est en péril, ils auront besoin d’un coup de pouce pour se remettre de la situation, mais surtout une résolution rapide du conflit pour leur permettre de se positionner pour la saison 2021.