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Jean-François Gosselin a hâte de dévoiler son projet de transport pour Québec

Le chef de Québec 21 privilégie un autre mode que le tramway pour la capitale

Le chef de Québec 21 est convaincu que son projet de transport collectif, qu’il présentera l’an prochain, séduira l’électorat de la capitale et le propulsera à la mairie le 7 novembre 2021. Il en a discuté avec Le Journal hier en entrevue éditoriale.
Photo Didier Debusschère Le chef de Québec 21 est convaincu que son projet de transport collectif, qu’il présentera l’an prochain, séduira l’électorat de la capitale et le propulsera à la mairie le 7 novembre 2021. Il en a discuté avec Le Journal hier en entrevue éditoriale.

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À un an de l’élection à la mairie, Jean-François Gosselin piaffe d’impatience à l’idée de dévoiler son propre projet de transport structurant qui exclura tout tramway et risque de faire la part belle au métro.

En entrevue éditoriale avec Le Journal, hier, le chef de Québec 21 nous a confirmé que la composante tramway a totalement été évacuée du projet qu’il présentera aux électeurs de la capitale.

«Ça, c’est clair. Il n’y a pas de tramway. On l’a regardé de tous bords, tous côtés, on a regardé tout ce qui s’est fait dans le monde. Avec les particularités de Québec, avec l’hiver, il n’y a pas de tramway», lance sans détour le chef de l’opposition.

Quand on lui demande s’il mise sur un métro, il prend une pause, boit une gorgée d’eau et esquisse un large sourire.

La réponse viendra «en temps et lieu», lâche-t-il. «Vous allez l’aimer, mon projet, c’est la seule chose que je peux dire.»

Évolution de sa pensée

Au fil des ans, il dit avoir «évolué» par rapport au transport collectif. Le Jean-François Gosselin de 2017 ne jugeait pas utile que Québec se dote d’un mode de transport collectif lourd.

À l’époque, il prônait essentiellement des améliorations au réseau d’autobus du RTC : de nouveaux parcours, une meilleure fréquence, l’ajout de navettes et de stationnements incitatifs.

«Je pense encore ça, sauf que ça a évolué. Après trois ans, je suis convaincu que ça prend un projet mais ça prend le bon projet. Québec est rendue là. Le financement est là aussi. Trois milliards $ pour améliorer la mobilité sur le territoire, c’est beaucoup d’argent. C’est une opportunité qu’on ne peut pas manquer.»

«En 2017, j’arrivais, j’avais besoin de mieux connaître la ville, les besoins, de mieux connaître ce qui se fait ailleurs. Je n’ai pas manqué une seule minute des consultations publiques sur le projet de tramway, j’ai écouté tout ce que les citoyens avaient à dire. Ça a fait évoluer ma vision des choses.»

M. Gosselin est persuadé qu’il n’est pas trop tard pour pousser un autre projet, même si plusieurs étapes ont déjà été franchies pour celui du maire Labeaume.

Les gouvernements supérieurs devront reconnaître, dit-il, le résultat de la prochaine élection, qu’il qualifie de «référendaire» sur cet enjeu. «[En voyant notre projet], eux aussi, ils vont dire : “Là, on est sur la bonne voie et on a un projet sur mesure pour Québec”».

Une «bavure démocratique»

«Le tramway, pour moi, c’est une bavure démocratique. Le maire n’en a pas parlé en campagne sauf pour le dénigrer. Il n’a pas voulu de référendum. Il veut aller vite, il veut sauter les étapes sans acceptabilité sociale», martèle-t-il.

«On attend aussi l’annonce du 3e lien. Ça, c’est une pièce majeure de notre casse-tête. J’ai très hâte de voir où le tunnel va sortir et comment.»   

Entrevue  

Gosselin se dit prêt à diriger 

Il «rêve» de devenir maire de Québec

Jean-François Gosselin ne s’en cache pas : il rêve de devenir maire de Québec et croit qu’il a désormais tout ce qu’il faut pour succéder à Régis Labeaume à la tête de la deuxième plus grosse ville de la province.

«C’est un rêve mais ça serait surtout un privilège. Je serais honoré. Des fois, je pars un peu dans la lune et je me vois déjà faire mon discours de victoire le soir du 7 novembre. On a le droit de rêver, ça ne coûte rien.»

À ceux qui disent qu’il n’a pas l’étoffe d’un maire, il répond qu’il entendait les mêmes commentaires au sujet du premier ministre François Legault, avant son élection.

«Quand le maire Labeaume a été élu en 2007, il n’avait jamais fait de politique municipale. Ça va faire quatre ans [en 2021] que je baigne là-dedans et que je connais le fonctionnement de la Ville sur le bout de mes doigts. C’est un avantage. Je serai prêt dès le jour 1 à diriger la Ville.» 


Perception négative

L’opposition : une bonne école mais un rôle ingrat

L’opposition officielle à l’hôtel de ville fait régulièrement parler d’elle dans les médias quand elle critique les décisions du maire, ce qui peut donner l’impression à la longue qu’elle ne fait que ça, se désole Jean-François Gosselin.

«Souvent, on réussit à faire avancer des dossiers mais personne ne le sait. Quand on est d’accord [avec Équipe Labeaume], ça fait moins les manchettes. C’est correct aussi. C’est le propre un peu de l’opposition.»

Le chef de Québec 21 dit travailler régulièrement en collégialité avec les conseillers municipaux des autres partis et à les rallier à ses idées. Avec le maire, cependant, c’est «impossible», déplore-t-il.

«L’opposition, c’est aussi un bel endroit pour apprendre [mais] je suis excité pour la prochaine année parce que là, je vais avoir la chance de présenter mon programme et mon équipe.» 


Expérience au sein du cabinet

Son meilleur coup : l’embauche de Côté

Quand on lui demande son meilleur coup, depuis trois ans, Jean-François Gosselin évoque l’embauche de Richard Côté à la tête de son cabinet.

Le recrutement de l’ancien bras droit de Régis Labeaume, un ancien v.-p. du comité exécutif, a amené de l’expérience et de la crédibilité à son équipe, avance-t-il.

«Quand j’ai annoncé la nouvelle à mes deux collègues, Patrick [Paquet] et Stevens [Mélançon], je leur ai annoncé qu’on allait gagner les prochaines élections.»

Côté n’a pas l’intention de revenir à l’avant-scène et de se présenter en 2021, confirme-t-il, malgré les rumeurs. «Ce n’est pas que je n’ai pas essayé [de le convaincre]».

Il dit être désormais mieux entouré qu’à ses débuts en politique municipale, lesquels ont été marqués par une crise interne au parti. «J’avais un ménage à faire et je l’ai fait. J’ai un CA en santé. En assemblée, j’ai eu la confiance des membres», dit-il, estimant être bien en selle.