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Un nouveau Grand Chef à Wendake

Rémy Vincent, 47 ans, prend les rênes de la nation huronne-wendat

Rémy Vincent, 47 ans, prend les rênes de la nation huronne-wendat
Photo le Journal de Québec Rémy Vincent, 47 ans, prend les rênes de la nation huronne-wendat

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Surprise à Wendake : la nation huronne-wendat a fait vendredi le choix d’un nouveau Grand Chef, confiant par une courte majorité ce titre à l’entrepreneur Rémy Vincent. Il succède à Konrad Sioui, qui était en poste depuis douze ans.

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Les Hurons-wendat ont voté pour «un gros vent de changement puis une nouvelle façon de fonctionner», analyse M. Vincent, qui soulève que la moitié du conseil de la Nation, qui compte huit chefs familiaux, change également de visage par la même occasion.

Le nouveau leader de la nation autochtone a obtenu 1067 voix, soit 52,7% des appuis, l’emportant donc par 109 voix sur son seul autre adversaire, Konrad Sioui, qui a reçu 958 votes.

Notons que quelque 3600 membres de la nation, répartis dans les environs de Wendake et ailleurs en Amérique du Nord, étaient appelés aux urnes. Le taux de participation est de près 60%.

Travail d’équipe

Rémy Vincent, un résident de Wendake et père de «deux beaux grands adultes», a parmi ses priorités «d’avoir une saine gouvernance puis de fonctionner avec un conseil qui travaille plus en équipe, un petit peu, que ce qui était là.» 

L’homme de 47 ans, détenteur d’un diplôme en foresterie, souhaite aussi créer une nouvelle entité pour favoriser le développement économique.

De son côté, Konrad Sioui encaissait la défaite avec philosophie quand Le Journal l’a rejoint.

«C’est comme ça, c’est la démocratie. Il faut respecter le choix de gens. On a fait une très belle campagne», a commenté l’homme de 67 ans, mentionnant avoir appelé plus tôt M. Vincent pour le féliciter.

«Je lui passe le bonnet de Grand Chef et c’est à son tour de le porter avec fierté et dignité. Il est capable de le faire», affirme celui qui a battu Max Gros-Louis en 2008, disant souhaiter une transition harmonieuse.

Pas d’amertume

S’il a le sentiment du «devoir accompli» et qu’il n’a «pas d’amertume», il prévient que «les prochaines années seront extrêmement importantes pour la Nation» en raison de l’enjeu de la défense du territoire traditionnel nionwentsïo.

Il ne sait pas encore ce qui l’attend, professionnellement. «La vérité, c’est qu’on est tellement impliqués et imbibés dans ce qu’on fait, et concentrés sur notre mission (...) qu’on ne pense pas à un plan B».

Du reste, M. Sioui affirme laisser une administration qui est «en norme» et dont les finances sont «impeccables».

L’une de ses grandes fiertés, soutient-il, est «d’avoir fait rayonné Wendake comme jamais elle n’a rayonné. [...] C’est la plus belle nation au monde.»