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Le chef conservateur vante les syndicats et critique les grandes compagnies

Erin O’Toole
Photo d'archives Erin O’Toole

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Le nouveau chef du Parti conservateur, Erin O’Toole a considérablement recentré le discours économique de sa formation politique vendredi, en déclarant que les élites financières avaient trahi le secteur industriel et en se désolant de la baisse du taux de syndicalisation.

C’est lors d’une conférence virtuelle devant le Canadian Club de Toronto que M. O’Toole a tenu ces propos surprenants pour le chef d’un parti historiquement campé à droite sur le plan économique. 

«Vous serez peut-être surpris d’entendre un conservateur déplorer le déclin des effectifs syndicaux du secteur privé. [...] Mais c'était un élément essentiel de l'équilibre entre ce qui était bon pour les affaires et ce qui était bon pour les employés. Aujourd'hui, cet équilibre est en train de disparaître dangereusement», a-t-il déploré vendredi, selon le «National Post». 

Erin O’Toole, qui a succédé à Andrew Scheer en août dernier, a ajouté que la perte d’influence des syndicats s’est traduite par une trop grande concentration des pouvoirs aux mains des grandes entreprises. 

Il a d’ailleurs reproché au monde de la finance et aux élites politiques le départ de plusieurs emplois manufacturiers vers la Chine dans les dernières années. 

«Pourquoi payons-nous un travailleur à Oshawa 30 dollars de l’heure alors que nous pourrions en payer un en Chine 50 cents l’heure?» a ironisé celui qui est député de cette région ouvrière de l’Ontario qui a payé le prix des délocalisations dans l’industrie automobile. 

Conservateur quand même

Au cours de sa prise de parole, le chef de l’Opposition officielle a tenu un discours beaucoup moins révolutionnaire lorsqu’il a été question des énergies fossiles, réitérant la position traditionnelle de son parti, qui s’est toujours fait le défenseur de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. 

M. O’Toole a d’ailleurs accusé le premier ministre Justin Trudeau de profiter de la pandémie pour «lancer une expérience risquée avec notre économie» en misant sur les énergies renouvelables, peut-on également 

En matière de finances publiques, il est également resté dans la ligne de ses prédécesseurs, vantant les mérites d’un retour à l’équilibre budgétaire, mais expliquant que la pandémie obligeait les gouvernements à dépenser. 

Pas le seul

Le leader conservateur a conclu son exposé en affirmant que la croissance du PIB n’était pas ce qui importait le plus en politique, peut-on lire dans le «National Post». 

«Nous avons besoin de politiques qui renforcent la solidarité, pas seulement la richesse», a-t-il lancer devant le Canadian Club, un organisme sans but lucratif qui organise des forums pour traiter de différents enjeux avec des personnalités publiques. 

Le Parti conservateur ne serait pas le premier parti de droite dans le monde a changé de ton sur les questions économiques. Au Royaume-Uni, les conservateurs de Boris Johnson sont beaucoup plus interventionnistes qu’ils ne l’étaient durant les années 80 sous le règne de Margaret Thatcher, qui a passé à l’histoire pour ses vastes privatisations.