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Une grossière caricature

Françoise David réplique à Mario Dumont

Une grossière caricature
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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Dans un texte paru dans Le Journal le 30 octobre, Mario Dumont écrit ceci: «Pour elle (en parlant de moi), l’indépendance du Québec doit se faire à gauche toute. [...] Elle rêve d’une indépendance qui se fasse dans le cadre d’une espèce de révolution socialiste.» Rien que ça!

Cette chronique me déçoit et me choque. Monsieur Dumont m’a habituée à plus de rigueur. Caricaturer une position n’est pas rigoureux. Quelle est ma position? 

Je suis souverainiste depuis au moins 40 ans. En 1995, j’ai participé à un large mouvement de la société civile appelé Partenaires pour la souveraineté. J’ai souscrit aux propos de Lucien Bouchard: il faut voter Oui, entre autres, pour empêcher le grand vent de droite qui vient de l’Ontario de nous atteindre! Je souris: Lucien Bouchard était-il socialiste? 

Simplement pour que ce soit clair une fois pour toutes: je souhaite que le Québec devienne un pays. D’abord parce que cette nation doit disposer de tous ses pouvoirs pour faire ses propres choix et assumer complètement ses responsabilités. Mais je pense aussi que ce choix doit reposer sur un ensemble de valeurs largement partagées au Québec: l’assurance que le français demeure la langue commune chez nous, un développement économique respectueux de l’environnement, la lutte aux inégalités sociales et aux discriminations, l’égalité entre les hommes et les femmes, le développement de services publics qui répondent aux besoins des gens, un État laïque et des institutions démocratiques renforcées. Ces valeurs pourraient parfaitement être inscrites dans une Constitution accompagnant la construction d’un Québec souverain. 

Monsieur Dumont, à l’instar de plusieurs souverainistes, a bien le droit de vouloir le pays avant tout et sans autre considération. Mon choix, qui est aussi celui de jeunes Saguenéens entendus la veille de mon passage à l’émission de Pénélope McQuade, c’est celui d’un projet de pays qui est aussi un pays de projets. Je crois, contrairement à monsieur Dumont, que cette façon de proposer la souveraineté du Québec est la seule qui puisse rallier un bon nombre de jeunes et de moins jeunes. Quoi de plus emballant qu’un pays qui nous mobilise autour de la recherche du bien commun?

Dogmatique, ça? Allons donc, monsieur Dumont!

— Françoise David, ancienne porte-parole du parti Québec solidaire.